Published: May 22, 2025
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Son souvenir et ses idées planent sur le monde. Pas seulement sur le monde arabo-musulman, mais sur le monde. Mustafa bin Abd al-Qadir Setmariam Nassar. Ce nom ne vous dit rien. Peut-être alors Abu Mussab al-Suri ? Syrien, issu d'une dynastie de soufis, il est devenu, au cours

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Abu Mussab al-Suri est né en 1958 à Alep. Et plus précisément dans une grande famille religieuse du soufisme (Rifaiyyah). C'est dans cette ville qu'il poursuit son cursus scolaire, puis ses études d'ingénieur. Et c'est à l'université d'Alep qu'il rencontre d'autres jeunes

Comme eux, il partage une critique acerbe du courant des Frères Musulmans et ne voit d'avenir politique que par le combat. Il rejoint donc l'Avant-Garde Islamique, un groupe politique et armé, appelant au jihad contre le régime d'Hafez al-Assad, et fondé par Marwan Haddid

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Dans l'Avant-Garde Islamique, Mustafa Nassar développe sa propre vision du jihad. Qu'il mettra peu à peu sur papier dans les années 1990. Inquiété et repéré pour ses activités, il rejoint l'Irak et la Jordanie au sein de camps d'entraînement établis par les Frères Musulmans,

En Espagne, il rencontre celle qui deviendra sa femme et lui donnera plusieurs enfants. Mais son séjour ne dure pas. Il considère que la guerre en Afghanistan contre le régime soviétique peut permettre l'émergence d'un nouveau courant d'idées et de combats. Il s'engage, à la

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Les deux hommes ne sont guère des amis. Et les divergences entre eux sont profondes. Sur le fond comme sur les méthodes. Si Ben Laden était l'homme des images et des médias, Abu Mussab se tourne vers l'idéologie, la réflexion, les débats internes au jihadisme et aux pensées pour

A son retour en Espagne, ce n'est que temporaire. En effet, il part pour Londres au tournant des années 1990. Là bas, il gagne en popularité dans les milieux salafistes et jihadistes. Il écrit même dans un journal, al-Ansar. Mais très rapidement, il s'oppose de nouveau au courant

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A la fin des années 1990, il émigre en Afghanistan où règnent désormais les Talibans et où de nombreux jihadistes étrangers sont toujours présents, dont Oussama Ben Laden et son organisation. Considérant que le jihad doit être populaire dans les populations locales, il dénonce

Les attentats du 11 septembre 2001 provoquent bel et bien les États-Unis. Et cela mène rapidement à un effondrement des Talibans tandis que les jihadistes étrangers en Afghanistan sont traqués. Le bilan, pour Abu Mussab al-Suri, est désastreux et il considère de facto Ben Laden

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Naviguant vers le Pakistan, comme tant d'autres, il n'en demeure pas moins son idée de doter le jihadisme international, comme local, d'un socle d'idées et de stratégies. Il écrit alors un ouvrage devenu une référence dans le jihadisme : Appel à la résistance islamique globale.

Dans cet ouvrage, Abu Mussab al-Suri fait appel à de nombreuses références islamiques, notamment salafistes et jihadistes. Mais il cite aussi des païens, aux yeux de son courant d'idées : Castro et Che Guevara ou encore Mao Zedong. Il n'hésite pas à argumenter que s'inspirer de

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Dans cet ouvrage, fondateur, et que tout analyste des mouvances armées les plus dures devrait connaître pour les analyser, Abu Mussab al-Suri défend notamment deux éléments qui nous intéressent ici : 1) il faut être apprécié des populations musulmanes locales et apaiser les

2) le jihad doit évoluer et se baser davantage, en Occident, sur des combattants locaux, notamment en Europe. Avec des cellules autonomes qui ne répondent pas d'une organisation facilement traçable. C'est exactement, pour le coup, le principe de nombreuses attaques récentes. De

S'il considère que l'intervention américaine en Irak fut un désastre pour le jihad et les courants visant à établir un état islamique, il considère que l'intervention américaine en Irak a l'effet contraire et ne peut que fédérer des combattants nouveaux et anciens. C'est

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Mais le parcours d'intellectuel et de stratège influent dans le jihad va s'arrêter brutalement en 2005. Quand il est capturé dans un raid américain au Pakistan. Et transféré dans la célèbre prison de Guantanamo. La suite devient complexe. Car tout repose sur des rumeurs, des

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Sa femmes à la fin des années 2000, assure qu'il a été transféré en Syrie. Oui, les services américains auraient transféré Abu Mussab al-Suri aux autorités du régime de Bachar al-Assad. Certains évoquent l'année 2007 pour ce transfert. Le régime accuse l'homme et surtout ses

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Pendant des années, c'est le silence. Il est dit enfermé dans la prison sinistre et morbide de Sednaya, près de Damas, avec d'autres salafistes et jihadistes syriens. Un de ses compagnons syriens de lutte en Afghanistan, qui participa à la rébellion en Syrie dès 2011, Abu

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Au cours des années de la révolution puis de la guerre civile syrienne, plusieurs groupes réclament régulièrement la libération d'Abu Mussab al-Suri au régime syrien. Mais les rumeurs courent aussi qu'il aurait été torturé et exécuté. Personne ne sait rien. 18/

Après la chute du régime des Assad, suite à une offensive d'HTS depuis le nord, et de l'ASL et des druzes depuis le sud, nombre de regards se tournent vers Sednaya. La prison de l'horreur. Et certains d'espérer y trouver Abu Mussab al-Suri. Il n'en sera rien. Et beaucoup,

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Alors, que reste-t-il de cet homme ? Déjà, ses idées. Elles sont largement diffusées dans les courants jihadistes dans le monde, et notamment au Levant. On peut même retrouver certains de ses concepts dans la bouche d'un certain Ahmad al-Sharaa... L'auditeur attentif de cet

Par ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'Ahmad al-Sharaa connait bien cet auteur qu'est Abu Mussab. Il en a lu les livres. Et il a surtout appliqué, au moins sur le versant de la bonne gestion jihadiste, les concepts. Services publics, dialogue avec les minorités, administrations

Enfin, en Occident, il est évident que les idées d'Abu Mussab al-Suri continuent de circuler dans les cercles les plus durs et jihadistes. Et certaines attaques en Europe trouvent un écho dans l'appel à des actions locales sans organisations préalables. L'homme reste donc un

Bonne soirée à vous tous. Et merci, de nouveau, de m'avoir lu. On approche des 18 000 abonnés (!). J'espère vous avoir donné des clés sur certaines dynamiques et situations, en Europe comme au Levant. Toujours à votre service. 23/

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