Published: May 26, 2025
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Alors j'ai lu pour vous cet interview de "philosophe féministe misandre". Debrief ? https://www.lemonde.fr/m-perso...

Alors déjà, on commence avec une définition toute pétée. Comme je ne suis pas philosophe, j'ai bêtement demandé à Robert (le Grand), sa def de misandrie, que vlà: "Hostilité ou mépris du sexe masculin, des hommes." (Si vous remplacez masculin par féminin

Image in tweet by Bérengère Viennot

et homme par femme et rajoutez une poignée de sucre et un souffle de levain, vous obtenez un truc genre "définition du sexisme crasse ou du machisme dégoulinant" mais c'est PAS PAREIL, quand c'est des hommes - LES hommes on peut.) Donc la dame se revendique misandre et pour elle,

"ce sentiment renvoie à la détestation du patriarcat tel qu’il a été construit et perpétué par les hommes." D'accord, t'aimes pas le patriarcat, Camille. Moi non plus. Pas grand-monde en fait. Mais dis-moi, c'est quoi le patriarcat?

Image in tweet by Bérengère Viennot

Ah bah oui, la puissance paternelle. Celle qui nous empêche de voter, de sortir, d'étudier de travailler, de conduire, d'avorter, de travailler, de donner notre avis, de parler à un journal sans l'autorisation de papa. Camille, si tu subis tout ça,

c'est que ton GPS a confondu la sortie de l'A14 avec le périph de Kaboul, et en effet, tu es bien dans la merde. Ou alors peut-être es-tu contrainte par les mâles de ta famille à une sorte de minorité forcée? Dans ce cas, tu peux faire appel à une association, et même à la loi:

en France, la puissance paternelle ne fait pas force de loi, et sûrement pas sur une femme majeure. Mais bref. On continue? "La misandrie permet de comprendre que le système patriarcal ne se reproduit pas tout seul, qu’il est défendu par des hommes qui ont intérêt à maintenir

la logique de domination qui fonde leurs privilèges." Mais ça c'est vrai, Camille, que le patriarcat ne se reproduit pas tout seul. Les systèmes patriarcaux tels qu'on en a eu en Occident, le plus souvent régis par la religion chrétienne, étaient soutenus par des hommes mais

aussi, par les femmes. Par les mères surveillant la vertu de leurs filles. Par les bonnes soeurs volant les bébés des filles-mères. Par les femmes entre elles à grands coups de ragots et de stigmatisation sociale de celles qui sortaient du rang. Et la misandrie, c'est-à-dire,

le mépris des hommes, permet-il de comprendre cela? Pas trop sûre non. Il permet par contre de déresponsabiliser les femmes qui ont parfois aussi un intérêt à sauvegarder un système (comment ça c'est pas possible à cause de la sororité? Voyons, qui sont ces fantômes qui

arrêtent les Iraniennes dans les rues pour les envoyer dans des prisons où elles seront torturées? Qui sont ces mères qui ferment les yeux sur ce que subissent leurs filles, pour ne pas perturber l'écosystème familial?)

Allez, on avance. "Comment ne pas haïr cette condition d’infériorité dans laquelle on maintient les femmes et les personnes féminisées ?" Euh Camille, c'est quoi une "personne féminisée?" Nan mais vraie question, hein.

La misandrie "permet de nommer ce que les féministes ont en commun par-delà leurs divergences : la colère vis-à-vis du patriarcat et la détestation de ceux qui le soutiennent" alors la colère vis-à-vis du patriarcat c'est ça le féminisme, Camille. Et on n'est pas obligé de

détester tout le temps, tu vas te fatiguer. On peut mépriser ou ignorer, c'est bien aussi. Lutter contre, d'accord. Après tu peux détester bien sûr, mais pourquoi "les hommes"? (Si si, je te rappelle que la misandrie, ça concerne "les hommes". Pas "les hommes pro-patriarcat",

"les hommes qui cognent leur meufs", "les hommes qui violent" ou "les hommes qui osent faire des barbecues", non, juste "les hommes".) Ça fait quand même beaucoup de monde à détester, ça, Camille. Et justement:

"la misandrie s’incarne aussi comme un projet dans le lesbianisme politique qui propose de vivre sans les hommes au sein de communautés séparées, comme celles qui naissent alors en Californie, des enclaves où s’expérimente une vie débarrassée des logiques patriarcales." Alors.

On a ça déjà chez nous, ça s'appelle des couvents. Mais c'est vrai que point de vue fashion, c'est moyen. Vivre en communautés de femmes lesbiennes, c'est une super idée. Ça va fleurer bon la sororité et zéro compète intrasexuelle (huhu). Pis pas de gamins, pratique! Ah ben non,

parce que pas de grossesses -ou alors en se faisant inséminer que des embryons féminins, pour pas risquer d'introduire du mâle dans la communauté. Parce que l'eugénisme, c'est l'avenir de la femme. What could go wrong.

"La misandrie constitue une réponse à ce système [de la misogynie], c’est la proposition positive d’un nouveau projet de société fondé sur l’égalité et la liberté de tous" L'égalité et la liberté de tous passe donc par le mépris de la moitié de l'humanité, le regroupement

communautaire, "le choix de ne lire quasiment que des autrices" comme le revendique Camille (car plutôt crever inculte que de lire des pages écrites à la plume trempée dans la testostérone). Ça fleure bon son goulag (mais avec de jolis ongles). Bon sinon, là j'ai bien rigolé:

"La misandrie, comme émotion partagée, redonne du pouvoir aux femmes." Tu m'étonnes. Quand un groupe trouve un autre groupe à détester très fort et à accuser de tous ses maux, ça lui donne un sacré pouvoir pis ça procure un putain de sentiment de partage. Ya qu'à demander à LFI.

Bon, je ne relève pas le lien établi entre "les mécanismes patriarcaux" et la "sexualité insatisfaisante", ça m'emmènerait trop loin et je recevrais encore des dickpics mais le cœur y est, hein, Camille.

Et puis big up, comme on dit chez moi, pour "La fiction permet ainsi d’exprimer notre misandrie sans faire de mal à personne" en référence au livre de Chloé Delaume où des femmes font exploser des bites de mecs et où c'est plutôt festif. Là on se rejoint, Camille,

pour une fois. En fiction, on peut tout à fait faire exploser des queues mais aussi faire tout un tas de trucs désagréables à plein d'autres gens - des femmes, des enfants, des chatons. Je le pose là, pis je le ressortirai plus tard, le cas échéant. M'est avis que ça peut servir.

Enfin, "Je crois qu’on peut être misandre et vouloir néanmoins impliquer les hommes dans les luttes féministes". Alors moi, si j'étais un homme (je serais capitaine d'un bateau vert et blanc, déjà), j'aurais plutôt envie de courir vite et loin de ces luttes tristes et mal

orientées. Alors oui, toutes, vraiment toutes les femmes ont croisé des salauds. Des pères, des frères, des oncles, des mecs lambda, partout, souvent. Yen a plein, et qu'ils aillent griller en enfer. Mais les coller tous dans le même sac, quelle paresse intellectuelle.

Et quelle baffe dans la gueule de ceux qui n'en font pas partie. Dans la tronche du bébé nouveeau-né qui porte déjà le péché originel de son sexe. Cette misandrie, ce n'est pas du féminisme, c'est une vengeance. Oui les femmes en ont sacrément chié, et ça continue souvent, hélas.

Mais on a bien avancé déjà, et ce n'est pas en se conduisant comme les salauds qu'on condamne qu'on va réparer quoi que ce soit.

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