Published: June 3, 2025
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Le thread que vous attendiez... Ils sont l'objet de critiques, peurs, ou de volonté de les interdire en Europe. Mais quelle est la place des Frères Musulmans en Syrie, un de leurs bastions historiques, depuis la chute d'Assad et la prise de pouvoir d'al-Sharaa ? On fait le

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Je ne reviendrai pas ici sur l'histoire des Frères Musulmans syriens sur le temps long. Simplement de se souvenir que la confrérie y est historiquement implantée, avec un solide réseau politique comme religieux, depuis le milieu du XXème siècle et qu'elle a été interdite au

Par la suite, l'organisation n'a pas cessé d'exister, tout en abandonnant le principe d'une insurrection armée. Mais elle est entrée dans la clandestinité en Syrie tout en maintenant son organigramme à l'étranger, avec de nombreux leaders en exil, aussi bien en Europe que dans

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Sous Bachar al-Assad, la confrérie est dans l'opposition politique. En 2005, elle est signataire de la déclaration de Damas, demandant la démocratisation du pays et des élections libres et plurielles. Elle est alors la force politique la plus puissante et la mieux organisée de

Image forte, qui va encourager la confrérie et ses ambitions en Syrie, c'est le meeting historique de Mohammed Morsi, membre des Frères Musulmans, élu président de l'Egypte aux seules élections libres et plurielles de l'Histoire du pays depuis des décennies, qui brandit le

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La confrérie est tout naturellement très active dans les années suivantes, intégrant les instances du Conseil National Syrien puis de la Coalition Nationale Syrienne, constituée pour réunir la plus grande pluralité des oppositions démocratiques au régime des Assad, en vue de

Mais sur le terrain, et même si les Frères Musulmans tentèrent de s'organiser militairement, via l'Armée Syrienne Libre, avec leur propre force armée (les Boucliers de la Révolution), ils firent face très rapidement à la montée en puissance de rivaux politiques bien plus présents

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La victoire de la Jaysh al-Fateh, vaste coalition menée par des jihadistes et salafistes, en 2015 à Idlib, avec certes l'aide de quelques groupes proches des Frères Musulmans comme Faylaq ash-Sham, mis un terme de facto aux ambitions des Frères Musulmans. Dans le même temps,

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Le tournant des années 2020 enfonce le clou dans le cercueil politique de la confrérie. Qui perd toujours plus d'influence, de relais et popularité. L'établissement d'une gouvernance fonctionnelle à Idlib par Ahmad al-Sharaa et HTS écarte toujours plus leurs projets politiques.

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C'est le début d'une nouvelle marginalisation. Non plus uniquement face au régime des Assad mais face au nouveau pouvoir émergent d'HTS. Dans le même temps, on sent bien que la Turquie, soutien historique de la confrérie, l'abandonne peu à peu. L'amélioration des relations avec

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C'est tout naturellement que l'organisation assisté, médusée, à la chute du régime entre novembre et décembre 2024, sans y avoir participé concrètement. Marginalisée, sans ses soutiens étrangers, la confrérie ne peut que saluer (communiqué en illustration), le 8 décembre 2024, la

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Très rapidement, le chef de la branche syrienne des Frères Musulmans, qui est alors Amer al-Busalama, nommé en 2023 à la tête de la confrérie par le conseil de la shoura de l'organisation, demande un projet de transition politique, impliquant des élections. Mais surtout, il

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Pour se faire bien voir, le groupe publié aussi un communiqué saluant Ahmad al-Sharaa comme président. Mais rien n'y fait, jamais le groupe n'obtient un accord de régularisation de sa situation. Pire, lors de nombreuses prises de parole, Ahmad al-Sharaa rappelle régulièrement

Pour la direction de l'organisation, les coups sont rudes. Ayant espéré des décennies être libres d'agir et notamment prendre le pouvoir, comme ils se l'imaginaient logiquement au début des années 2010, les voilà marginalisés encore une fois et très loin du pouvoir... 14/

Lors d'un entretien pour Sky News, le spécialiste Radwan al-Sayed a dit une chose que je reprends : "la confrérie n'a plus rien à offrir". En effet. Elle est désormais mise devant les faits : le régime est tombé et d'autres courants conservateurs religieux ont pris le dessus,

Si les Frères Musulmans tentent d'exister, par des communiqués soutenant l'Etat et la transition en cours, ils sont désormais totalement spectateurs. Et leur marginalisation va s'amplifier à mesure qu'HTS s'empare du pouvoir dans les administrations, instances, juridictions,

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Paradoxe, ce sont d'anciens proches des Frères Musulmans, comme Ali Keda, devenu conseiller d'Ahmad al-Sharaa, voir d'anciens membres des Frères Musulmans, comme Ahmad Muwaffaq, devenu consultant pour le gouvernement (illustration : il est consulté le 31 mai 2025 sur la bonne

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Quand certains en Europe dénoncent une volonté d'influencer ou même une puissance de frappe des Frères Musulmans, de se souvenir que dans un de ses bastions historiques, cette même confrérie en est réduite à quémander des miettes et même à pouvoir exister... On est loin de la

Cependant, il est vrai, et c'est à noter, qu'HTS traite les Frères Musulmans avec la même méfiance : le groupe n'a pas confiance dans la confrérie qui est vue comme, en permanence, dans une organisation parallèle et disruptive vis à vis de l'Etat. Et il est fort à parier que leur

La Jordanie, pays voisin, a récemment interdit l'existence politique de la confrérie. Tandis que l'Arabie Saoudite, devenue un des ennemis les plus acharnés des Frères Musulmans, est devenue un des soutiens majeurs du nouveau pouvoir syrien. Enfin, la Turquie s'est détournée de

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Merci de vos lectures toujours plus nombreuses. De votre présence lors de mes interventions récentes. Et d'espérer continuer ce travail pour vous. Et de pouvoir, régulièrement, vous surprendre avec des sujets qui peuvent paraître anecdotiques ou rarement mis sous le regard du

PS : j'aurai pu titrer ce thread : "Manuel de marginalisation d'un mouvement politique historique". Car c'est ce qui se passe depuis décembre dernier, et désormais sans aucune répression brutale. Simplement un effet de mise de côté.

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