Published: June 7, 2025
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1/Vous reprendrez bien une dose de prêchi-prêcha inclusif ? Julie Neveux, de l'Église des Linguistes Atterrés, se lance dans une croisade dont l'urgence n'échappera à personne : montrer que "la langue de Molière" est une expression rance, voire raciste. https://www.radiofrance.fr/fra...

2/Dans ce style cool qui fait le charme inaltérable de la subversion subventionnée (et au diable la ponctuation, les adverbes de négation, les accents circonflexes : "le français est à nous" !), elle commence par assener cette évidence : parler de "la langue DE Molière", c'est

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3/Car tous ceux qui grimacent lorsqu'on maltraite la prétendue "langue de Molère" sont des incultes qui ignorent que le français évolue (et qu'"il va très bien, merci") et que les langues s'influencent les unes les autres... Derrière ces ignares, il y a la Waffen-SS de l'Académie

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4/Face à la coalition hideuse des barrésiens, des maurrassiens, des pétainistes et des néo-nazis de la "langue de Molière", il faut célébrer la force régénérante du français vivant que nous apporte l'étranger : celui d'Aznavour, le "Franco-Arménien" (quelle audace, quel courage

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5/Mais Julie Neveux est soucieuse. Elle se demande très sincèrement ce qui vaut à Molière cet honneur équivoque d'être devenu le parangon de la langue française. Et puis, comme elle a des lettres, elle fait remarquer que Molière est un homme de théâtre et que, dans son théâtre,

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6/Oui, quatre siècles après, on peut encore entendre et goûter "la langue de Molière". C'est peut-être là une des clés de cette expression qui atterre notre linguiste. D'abord, oui, en France, nous sommes assez bêtement fiers de nos écrivains et nous avons longtemps cherché des

7/Allez au théâtre écouter L'Avare, Dom Juan, L'École des femmes, Le Malade imaginaire : vous comprenez tout. Bien sûr, on ne prononçait pas de la même manière (sans compter l'orthographe, mais je parle ici de la langue seule), mais, à quelques mots et tours syntaxiques près,

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8/Ce miracle de pouvoir encore comprendre "la langue de Molière" trois siècles et demi plus tard, nous le devons non seulement au génie de Molière, mais à une politique ; à des gens qui n'ont pas passé leur vie à ânonner "le français est à nous !", mais qui ont décidé de faire du

9/Personne ne cherche à mettre la langue dans le formol. Mais si nous pouvons prendre plaisir aux œuvres des écrivains et des poètes qui malmènent la grammaire, bousculent le lexique, mettent un "bonnet rouge au vieux dictionnaire" (Hugo), tordent et tirent la langue, c'est que

10/Nous le devons à quelques grammairiens intolérants, à quelques politiques soucieux de patrimoine (quelle horreur !), à quelques professeurs "normopathes" qui nous ont infligé des dictées et imposé la lecture de grands textes littéraires, où nous avons trouvé des modèles et

11/Les linguistes atterrés sont des demi-habiles au sens pascalien du terme, de ceux qui croient avoir tout compris depuis le jour où ils ont appris que la langue évoluait et que notre grammaire et notre orthographe comportaient une part d'arbitraire. Ce sont aussi des hypocrites

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