Albi, lundi 22 septembre : premier jour du procès de Cédric #Jubillar devant la cour d’assises du Tarn, pour le meurtre de son épouse, Delphine Jubillar, née Aussaguel. L’audience commence à 9h mais l’affluence est déjà considérable. LT à suivre pour @franceinfo
Le public est nombreux : les tout premiers sont arrivés dès 5h ce matin pour espérer avoir une place dans la salle principale, censée contenir 40 personnes du public.
Mais pour aujourd’hui, seuls 10 personnes pourront rentrer, car il faut faire de la place aux jurés : ils sont 35 présélectionnés, et seuls six seront retenus pour siéger en plus de la présidente, Hélène Ratinaud, et de deux magistrats assesseurs.
De ma (courte) mémoire de journaliste, je ne me souviens pas avoir vu autant de médias le jour d’une ouverture de procès. Les caméras et les micros sont PARTOUT, postés jusque sur la statue du navigateur Lapérouse, en face du tribunal.
Au total, près de 300 journalistes sont accrédités : les titres nationaux sont tous là et la presse locale est particulièrement représentée. 40 places sont réservées à la presse en salle d’audience et 40 autres en salle de retransmission, selon un système de tirage au sort.
En comparaison, au premier jour du procès des viols de Mazan, trente journalistes étaient accrédités (pour monter à 160 au cours du procès). Pour celui de Nordahl Lelandais, jugé début 2022 pour le meurtre de la petite Maëlys, 250 journalistes étaient accrédités au premier jour.
Cédric Jubillar est arrivé il y a quelques instants par une porte située sur la droite du tribunal d’Albi : il est rentré très vite, se cachant le visage par une veste noire. Le peintre-plaquiste est incarcéré en détention provisoire depuis juin 2021.
Dans ce procès sans aveux officiels, sans preuve matérielle irréfutable, et surtout sans corps, quels sont les indices graves et concordants qui pèsent contre lui ? Ma collègue @cathfournier vous explique👇🏻 https://www.franceinfo.fr/fait...
@cathfournier Dans cet autre article, elle raconte comment la maison de briques rouges inachevée de Cagnac-les-Mines, où vivait le couple Jubillar et leurs deux enfants, est devenue un élément central de l’enquête👇🏻 https://www.franceinfo.fr/fait...
@cathfournier Je suis entrée dans la petite salle d’audience principale du tribunal judiciaire d’Albi, en passant devant une nuée de caméras.
@cathfournier Je suis assise au fond, à droite, du même côté que le box vitré, où l’accusé de 38 ans va prendre place dans quelques instants. La famille de Delphine Jubillar est assise à gauche, sur les rangs de devant. Il y a notamment ses deux frères, Sébastien et Mathieu.
@cathfournier La soeur de Delphine Jubillar, Stéphanie, vient d'arriver : elle discute avec des avocats côté parties civiles. Elle porte un tour de cour rouge, pour ne pas être sollicitée par les médias. C'est elle qui a la garde des deux enfants du couple Jubillar, qui ont 6 et 11 ans.
@cathfournier La cour d'assises du Tarn a quatre semaines pour se prononcer sur le sort de Cédric Jubillar, jugé pour meurtre par conjoint. Face aux gendarmes et aux deux juges d'instruction, il a toujours clamé son innocence.
@cathfournier Mais son ancien voisin de cellule et deux ex-compagnes ont affirmé ces dernières années qu'il s'est confié sur le meurtre de son épouse. Ces propos rapportés n'ont toutefois jamais permis de retrouver le corps de la disparue👇🏼https://www.franceinfo.fr/fait...
@cathfournier La mère de l'accusé, Nadine Jubillar, figure également sur les bancs des parties civiles. Cette femme aux cheveux courts blonds s'est confiée à "La Dépêche du Midi" en août dernier, affirmant vouloir "aider à trouver la vérité" pour ses petits-enfants👇🏼https://www.ladepeche.fr/2025/...
@cathfournier L'audience est ouverte. Cédric Jubillar est entré dans son box au tout dernier moment, entouré de quatre policiers. Crâne dégarni, le trentenaire est vêtu d'une veste de jogging bleu marine et bleu clair. Il reste debout le temps de décliner son identité.
@cathfournier "Jubillar Cédric", né le "14 septembre 1987 à Béziers". "Quelle était votre profession avant votre incarcération ?", lui demande la présidente. "Peintre en bâtiment plaquiste", répond l'accusé d'une voix claire, avec un léger accent occitan.
@cathfournier L'accusé se rassoit et semble assez nerveux dans le box : ses jambes tressaillent, il n'est pas immobile. Devant lui, son assis ses deux avocats : Alexandre Martin et Emmanuelle Franck.
@cathfournier La présidente vient de procéder au tirage au sort des jurés : c'est un moment de grande solennité. Quatre hommes et deux femmes ont été retenus. Ils ont, à vue d'oeil, entre 40 et 70 ans. La défense en a récusé trois et l'avocat général deux.
@cathfournier Quatre jurés suppléants ont également été tirés au sort, "pour remplacer le cas échéant celui ou ceux de ces six jurés qui se retrouverai(ent) empêché(s) de suivre les débats", précise la présidente, Hélène Ratinaud. L'ensemble des dix jurés viennent de prêter serment.
@cathfournier Désormais, ils et elles vont mettre leurs vies personnelles entre parenthèses pour assister chaque jour aux débats. Au total, 18 journées d'audience sont prévues. Le verdict est attendu le 17 octobre.
@cathfournier Ma consoeur Elisabeth de Pourquery (@PourqueDe), dessinatrice de presse pour France Télévisions, vient de réaliser le premier croquis de Cédric Jubillar dans son box.
@cathfournier @PourqueDe La bâtonnier procède à l'appel des témoins qui vont être cités ces prochaines semaines : ils sont une grosse soixantaine.
@cathfournier @PourqueDe Quelques témoins sont présents aujourd'hui dans la salle : la présidente leur demande de quitter les lieux, car ils ne peuvent pas assister aux débats avant leur déposition.
@cathfournier @PourqueDe L'un d'eux, ami (ou ancien ami) de l'accusé, demande à se constituer partie civile, ce qui surprend la présidente : celle-ci l'invite à se rapprocher d'un avocat.
@cathfournier @PourqueDe Pauline Rongier, l'avocate qui représente deux amies de Delphine Jubillar, a fait citer Hélène Romano, psychologue spécialiste des violences conjugales. La défense s'oppose à sa venue, estimant qu'elle n'a pas à s'exprimer sur un dossier qui ne la concerne pas directement.
@cathfournier @PourqueDe Le bâtonnier vient d'appeler les parties civiles une à une, qui lèvent la main chacune leur tour : il s'agit de la famille maternelle de Delphine Jubillar et de ses amies. Ses deux parents sont décédés.
@cathfournier @PourqueDe Détail qui n'en n'est pas un : Cédric Jubillar porterait son alliance, selon notre dessinatrice de presse.
@cathfournier @PourqueDe L'avocat de Séverine, l'ex-compagne de Cédric Jubillar, annonce qu'elle souhaite se constituer partie civile.
@cathfournier @PourqueDe Celle-ci dit avoir été la cible d'une "tempête médiatique" et d'un "harcèlement numérique" après des déclarations imputées à Cédric Jubillar de la part de son co-détenu, affirmant qu'elle aurait été informée du lieu où le corps de Delphine Jubillar a été enfoui.
@cathfournier @PourqueDe L'audience est suspendue jusqu'à 10h45. Et une scène surréaliste vient de se produire : toutes les caméras qui étaient massées derrière la porte de la salle d'audience se sont engouffrées pour tenter d'obtenir une image de l'accusé, extrait quelques secondes avant de son box.
@cathfournier @PourqueDe Cédric Jubillar a fait savoir qu’il acceptait d’être filmé et pris en photo. Mais pour l’instant, les journalistes se tiennent devant un box vide. Dans l’espoir qu’il revienne d’ici la reprise de l’audience…
@cathfournier @PourqueDe Devant moi dans la salle, deux femmes discutent, médusées par ce spectacle : elles sont arrivées à 5h30 ce matin du Lot-et-Garonne d’où elles sont parties à 3h pour assister à ce procès historique. Elles se disent persuadées de la culpabilité de l’accusé.
@cathfournier @PourqueDe Les journalistes sont invités à sortir. Et finalement, quelques minutes avant la reprise d’audience, Cédric Jubillar regagne son box. La cohue est maximale. Voici les photos que j’ai pu arracher :
@cathfournier @PourqueDe L'audience a repris. Pauline Rongier, avocate d'Emeline, une amie de Delphine Jubillar, argumente sur la constitution de partie civile d'une autre amie de la victime : Amélie. "Enormément d'éléments montrent le lien très fort qu'il y avait" entre elles, souligne l'avocate.
@cathfournier @PourqueDe Pauline Rongier souligne notamment que sa cliente a participé aux battues au moment des recherches de l'infirmière disparue. Mais le ministère public et la défense s'opposent à cette constitution, estimant que le lien entre les deux femmes n'était pas si fort.
@cathfournier @PourqueDe "Cette dame était une amie comme bien d'autres", estime Emmanuelle Franck, l'une des avocates de Cédric Jubillar, considérant que "cette amitié était particulièrement légère", puisqu'Amélie n'était pas au courant de la procédure de divorce de Delphine Jubillar avec l'accusé.
@cathfournier @PourqueDe "De son aveu même", poursuit Emmanuelle Franck d'une voix forte, "elle a déclaré qu'elle ne fréquentait plus Delphine Jubillar depuis l'été 2020". L'avocate de la défense appelle à "éviter que tous les témoins du dossier soient parties civiles".
@cathfournier @PourqueDe La cour aborde ensuite la demande de constitution de partie civile de Séverine, l'ex-compagne de Cédric Jubillar, qui dit avoir subi un lourd préjudice de par la médiatisation de son nom dans l'affaire.
@cathfournier @PourqueDe Alexandre Martin, l'autre avocat de l'accusé de 38 ans, qualifie cette demande de "lunaire", puisque Séverine n'a jamais côtoyé la victime. L'audience est suspendue 20 minutes pour statuer sur ces différentes demandes.
@cathfournier @PourqueDe Les avocats de la défense font savoir qu’ils ne souhaitent plus qu’il y ait de prise d’images de l’accusé aujourd’hui.
@cathfournier @PourqueDe Une quinzaine de journalistes sont massés dans la toute petite salle des pas perdus, juste devant la salle d’audience Thémis, où ont lieu les débats.














