Published: September 24, 2025
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Mercredi 24 septembre, troisième jour au procès de Cédric #Jubillar à Albi sous une pluie nourrie. Au programme aujourd’hui : des gendarmes (prévus hier), quelques témoins et le directeur d’enquête qui passera sans doute cet après-midi. 👉🏼 LT à suivre pour @franceinfo

Image in tweet by Juliette Campion

On entend le premier des trois témoins attendus aujourd'hui : Olivier L., 66 ans, chauffeur de taxi, qui a affirmé aux gendarmes, le 24 décembre 2020, avoir vu une silhouette, en doudoune beige, le matin du 16 décembre, qui marchait le long de la route.

Il dit avoir croisé cette silhouette à environ cinq heures de marche de Cagnac-les-Mines.

La défense note que les gendarmes ont rapidement considéré comme "improbable" l'hypothèse que cette silhouette puisse être Delphine Jubillar.

On entend le deuxième témoin : Jérôme V., qui affirme avoir vu une voiture "allumée à l'intérieur" le matin du 16 décembre, alors qu'il allait au travail "entre 5h et 5h30". "Je suis formel, c'était une Peugeot, type 207, 308", dit-il à la cour, interrogé par la présidente.

L'intérieur était allumé. Il assure également avoir vu un individu traverser en direction du véhicule. En vingt ans sur ce chemin, il dit avoir croisé maximum dix voitures sur cette route.

Alexandre Martin, avocat de la défense, estime que l'horaire de passage du témoin se situe entre 5h et 5h15, il s'agit, selon lui, d'une "donnée fiable sur l'horaire". Or, souligne-t-il, Cédric Jubillar était avec les gendarmes à ce moment-là.

"Vous voyez une scène qui vous surprend parce que vous n'avez pas l'habitude de croiser qui que ce soit à cet horaire", souligne l'avocat, "d'autant qu'on était en période de couvre-feu".

"Vous trouvez normal qu'à 48h de la disparition de Delphine Jubillar, vous appelez gendarmerie, vous dites : 'j'ai vu un type courir comme un dératé, une voiture allumée', et, que pendant 15 jours, vous ne soyez pas auditionné ?", lui demande Emmanuelle Franck.

"Honnêtement, je ne sais pas quoi vous dire…", dit le témoin. L'avocat général rappelle qu'après avoir auditionné le témoin, les gendarmes ont immédiatement allés faire des vérifications.

On entend maintenant la troisième témoin, Déborah D., qui a, elle aussi, vu une voiture allumée, garée au même niveau que le témoin précédent : elle en avait justement discuté avec lui, en arrivant au travail. Mais elle n'a pas croisé d'individu à proximité.

La jeune femme dit ne pas comprendre pourquoi elle est convoquée aujourd'hui à l'audience. La présidente lui explique que son témoignage a été jugé utile pour la manifestation de la vérité.

La défense l'interroge, lui fait redire que la lumière de la voiture venait bien du plafonnier.

Le passage des témoins est terminé pour aujourd'hui. On entend maintenant la gendarme Sophie L., qui dépose en uniforme, comme ses prédécesseurs hier. Elle était directrice des opérations les sept premiers jours de l'enquête, ouverte pour disparition inquiétante.

Au tout début de l'enquête, une des gendarmes contacte la meilleure amie de Delphine Jubillar qui dépeint une relation tendue au sein du couple, à cause de la séparation en cours. Elle décrit Cédric Jubillar comme possessif et colérique.

La gendarme souligne que Delphine Jubillar aimait "profondément ses enfants", avait acheté cadeaux de Noël, avait des projets à très court terme, comme un café avec ses amis le 16 décembre.

Elle avait aussi demander à travailler les 23 et 24 décembre pour être avec ses enfants le 25 décembre, souligne la gendarme. "Autant d'éléments qui rendait son absence soudaine totalement incompréhensible et extrêmement inquiétante", observe-t-elle à la barre.

Dès le 16 décembre, Sophie L., estime qu'elle est en présence de deux critères qui décident de l'orientation à donner à une enquête : la gravité et la complexité.

En tant que directrice des opérations, c'est elle qui avait la charge d'assurer la conduite opérationnelle des recherches. Elle détaille, avec précision, les moyens humains considérables qui ont été mis en place pour tenter de retrouver la disparue.

Sophie L. explique avoir engagé la moitié des effectifs de sa compagnie, renforcée par les gendarmes de Gaillac et de Castres, et l'appui de 170 réservistes opérationnels.

Dès le 16, les gendarmes procèdent à "une vaste enquête de voisinage à Cagnac-les-Mines et autour de l'ancien domicile couple Jubillar", relate-t-elle. "Nous avons fait du porte à porte sur tous les quartiers dans la zone", explique-t-elle, avec l'ordre de fouiller les poubelles.

Pas moins de 16 officiers de police judiciaire ont été mobilisés pour effectuer des recherches dans une vaste zone quadrillée, autour du domicile du couple.

Une battue de 1 500 personnes a eu lieu le 23 décembre, sur 15 zones de recherches. "Cet effort de la population" montrait bien que le sort de Delphine Jubillar "suscitait une mobilisation collective, bien au-delà de la gendarmerie nationale".

Des hélicoptères et un drone ont été mobilisés, les 16, 17 et 18 décembre. Des brigades nautiques locales, appuyées d'autres venues notamment de Marseille et Saint-Cyprien, ont plongé et contrôlé tous les points d'eau de Cagnac-les-Mines.

Le 23 décembre, l'enquête pour disparition inquiétante est clôturée et le procureur ouvre une procédure pour enlèvement et séquestration.

"Je n'ai eu qu'un objectif : retrouver madame Jubillar. J'y ai mis tous les moyens et je me suis assurée que l'enquête était menée au niveau approprié", conclue-t-elle solennellement.

Laurent Boguet, avocat de parties civiles, lui demande pourquoi un dispositif de géolocalisation a été très vite placé sous l'une des voitures du couple. La défense estime que c'est la preuve que leur client était suspecté dès le départ et que l'enquête a été menée à charge.

La gendarme donne une explication simple : elle rappelle qu'à compter du 16 décembre 2020 au soir, Cédric Jubillar n'était plus présent à son domicile, puisqu'il est parti habiter chez sa mère avec ses enfants.

"Cette géolocalisation me permet donc de savoir si madame Jubillar revient. Monsieur Jubillar ne peut pas conduire puisqu'il n'a pas le permis", déroule-t-elle d'un trait.

Cédric Jubillar s'était en effet vu retirer son permis quelque temps avant, mais il lui arrivait de conduire sans.

Pauline Rongier lui fait préciser un point : à ce moment là, la gendarme n'a pas l'information des voisins selon laquelle la voiture du couple avait changé de sens de stationnement pendant la nuit et confirme que sa piste privilégiée est celle de la disparition volontaire.

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