Bonjour, ce 8e jour du procès #Jubillar s’annonce chargé et intéressant, avec en point d’orgue : la déposition de Cathy M. la femme de l’amant de Delphine, prévue en fin de journée. Le live, là ⬇️ Par @MathieuFourquet
Chers lecteurs, je vous propose ce matin d’ouvrir une « boîte à questions ». Si des éléments de ce procès vous interrogent, notez moi tout ça en commentaire de ce tweet. Je tacherai de répondre à certaines de vos interrogations dans la semaine prochaine. #Jubillar
L’audience ne va pas tarder à débuter. La présidente a réuni les avocats pour une petite réunion, d’où ce léger retard.
L’audience reprend.
Une petite dame de 49 ans s’avance à la barre. Elle était la nounou des enfants Jubillar.
-Que voulez-vous nous dire ? -Rien de spécial. Je voudrais juste comprendre l’histoire, savoir où est Delphine. Les enfants n’ont plus leur mère, leur papa est en prison et je ne comprends pas que l’on puisse faire ça aux enfants.
-Parlez nous du couple. - Delphine était discrète, c’est elle qui emmenait les enfants à l’école et le soir c’était le contraire, elle allait au travail et lui arrivait.
- Depuis quand connaissez-vous le couple ? - Je suis arrivé en 2016, j’ai distribué des papiers dans les boites aux lettres pour chercher du travail de nounou. Ils m’ont répondu. Je gardais les enfants, soit très tôt le matin, soit le soir après l’école et pas tous les jours.
- Avez-vous été informé d’un projet de séparation du couple ? - Oui monsieur me l’a annoncé. Il était très en colère. Il m’a dit « elle veut divorcer. Elle veut jouer à ce jeu là, on va jouer à ce jeu là ». Il me l’a dit fin octobre, début novembre.
-Il était dans l’acceptation de cette procédure de divorce ? - Non pas du tout. Il était en colère, il bougeait partout dans la maison. On voyait que ça le touchait.
- Sur le comportement par rapport aux enfants ? - Une fois avant la naissance d’Elyah, elle m’avait demandé de garder Louis. Ils sont venus chez moi cette fois-là. Ils criaient entre eux. Je suis arrivée devant la voiture. Il a pris Louis, il a dit des mots durs.
Il a pris son fils, il l’a tiré. Il a dit « tu as vu ta conasse de mère ? qu’elle aille se faire enculer ! ». Delphine m’a regardé et a baissé la tête.
- Vous avez eu une conversation avec votre fils, lors de la disparition ? - Oui, il m’a dit « maman il y a un truc bizarre, un jour j’étais chez lui. Cédric m’a dit : Delphine est dans la chambre j’ai envie de la tuer ». je lui ai dit qu’il devait le dire aux gendarmes.
-Savez-vous s’il arrivait que le couple laisse les enfants seuls à la maison le soir ? - On m’avait dit qu’il arrivait que Cédric partait parfois le soir acheter de la drogue et laissait les enfants sans surveillance, mais je ne l’ai pas vu.
- Les enfants étaient-ils soignés ? - Delphine préparait les vêtements, les pyjamas. Pour Delphine, ses enfants étaient sa vie. Elle leur faisait des bisous avant de partir. Le matin elle allait les réveiller avec des câlins, des bisous.
- Elle l’était moins à l’été 2020 ? - Non.
- Vous avez parlé de Daval ? - Ça remonte à janvier février ou mars. Un soir Cédric est arrivé du travail. A la télé on parlait de Daval. Il m’a dit « J’aurais fait mieux que ça. Il n’est pas malin, il ne fait que pleurer »… Et six mois après sa femme disparait… #Jubillar
Maitre Martin en défense - Vous avez dit « il peut être méchant verbalement, mais je ne le vois pas faire un crime ». - Oui verbalement, il est horrible. Il veut être plus haut que les autres. Quand on m’a interrogé, je n’étais persuadée que ça pouvait être lui.
Un autre témoin arrive à la barre. C’est un jeune homme de 27 ans. Il porte un tee-shirt rose. Il défend Cédric.
Les critiques : beaucoup ont été faussées. Ce n’est pas quelqu’un de mauvais ou de mal intentionné.
C’est une connaissance du village. « Je l’ai croisé dans le village. J’ai toujours aimé fréquenter des personnes plus âgées. C’est moi qui ai dû l’aborder avec des copains. Je le connaissais depuis l’été 2020. On se voyait à la pétanque ».
Je suis allé chez lui, 3-4 fois pour fumer ensemble, boire un café. Une fois je l’ai aidé à ranger du bois.
- Que dire de sa personnalité ? - Moi j’ai entendu beaucoup de choses méchantes contre monsieur Cédric. Ça m’a peiné par rapport à la famille, aux enfants. Je pense que lui passe une phase pas facile. C’est un ami, ça reste un ami. Je le soutiens.
(Il ne connaissait pas Delphine)
- Vous aviez dit il avait un problème avec les stupéfiants. Il voulait soigner son image. Il voulait toujours gagner à des jeux. Il avait un coté vicieux, il nous laissait nous tromper pour gagner. Il était mauvais perdant. - Pour son image, j’aurais dû soigner mes mots.
Maitre Franck en défense demande : - Avez-vous le sentiment que le fait qu’il soit accusé, modifie la perception des choses pour les gens ? - Je pense qu’en alimentant ces mauvaises choses sur lui, on a pu éffacer quelques lignes de l’enquête.
Un homme de 22 ans s’avance maintenant. « Je connaissais un peu Cédric Jubillar, je le croisais à la pétanque »;
(Il est aussi le frère d’un témoin plus important qui sera entendu cet après-midi)
La présidente : - Comment expliquer qu’il avait comme connaissances de jeunes comme vous ? - C’est à cause de la consommation de stupéfiants. On se retrouvait car on avait à fumer.
« je ne l’appréciais pas forcement, mais j’avais un ami qui allait chez lui, alors je le suivais par intérêt ». - Pourquoi ne pas l’apprécier ? - Il était arrogant, il avait tout vu, tout fait. Ce qui n’est pas mon tempérament. Et puis il supportait Paris et moi Marseille.
La présidente lit la déposition d’un jeune. Il dit en audition : « Un soir Cédric m’a dit : j’ai envie de la tuer ». il ne s’entendait plus avec elle, il ne pouvait la virer car il fallait vendre la maison. C’était difficile. « il m’a dit en rigolant, j’ai envie de l’enterrer »

