On se tourne vers l'est de la Syrie, désormais. Vers Deir Ezzor. Du moins la partie du gouvenorat qui est sous contrôle des autorités de Damas. Quelques surprises locales, mais globalement des élus qui correspondent à l'identité locale (tribale notamment). 19/
Je commence avec la victoire d'Amir al-Bashir. Je vous avais dit que l'enjeu serait tribal. Déjà, sous Bachar al-Assad, les tribus disposaient de nombreux sièges à Deir Ezzor. C'est de nouveau le cas avec Ahmad al-Sharaa. Le sheikh Amir al-Bashir est donc élu, lui qui est un des
Toujours dans la région de Deir Ezzor, je signale la victoire de Marwan al-Nazhan. Un modéré, mais très attaché à la question tribale, élu pour la ville de Mayadin. Il est historiquement engagé dans la révolution, dès 2011. Et participa à la fondation locale d'un bataillon, Ibad
Toujours dans l'est, on notera les victoires, entre autres, de deux représentants... tribaux. Muhammad Salah al-Assad, d'une puissante famille locale. Mais aussi et surtout la victoire du cheikh Amir al-Dandal, un des chefs de la puissante tribu des Uqaydat, qui compte des
Vous noterez, avec les exemples d'al-Bashir et al-Dandal, parmi d'autres je précise, que les grandes tribus se sont assurées une présence dans l'assemblée. Je rappelle, encore une fois, qu'aucun pouvoir en Syrie, pas même les Assad en leur temps, ne peut faire sans les
En exclusivité, demain, je vous dévoilerai une projection, par courants politiques / idéologiques / proximités, par sièges (ceux qui auront été attribués alors). Si les partis n'étaient pas autorisés dans ce scrutin indirect, le fait est que l'on peut dessiner, dès maintenant, le
On revient vers l'ouest du pays, notamment dans l'ouest de la région de Hama. Près de la ville chrétienne de Suqaylalibyah. Deux sunnites élus. Pour la simple et bonne raison que le district est celui de la plaine d'al-Ghab, très vaste région agricole où Suqaylalibyah est isolée.
Des syriens déplorent, incroyable, qu'aucun média syrien, ni aucun média arabe, ne fasse le travail que je suis en train de réaliser en direct. Juste fou... 26/
A Hama, puisqu'on y est, je signale la victoire de la militante des droits humains, Moumina Arabo. Surnommée Nour par ses proches, elle est une des plus jeunes élus de la nouvelle assemblée. Notons qu'elle est élu dans l'ancien bastion historique des Frères Musulmans en Syrie,
On reste à Hama, encore et toujours, avec la victoire d'Othman Nasara, actuel vice-president de l'université de Hama. Il sera un des plus âgés dans la nouvelle assemblée. Conservateur modéré, sans être membre de la confrérie des Frères Musulmans, un temps puissante dans la
Les conservateurs modérés remportent de nombreux sièges dans le centre du pays, à Hama. Comme pour le district (majoritairement sunnite dans ses environs) de Muhardah, ville chrétienne, où c'est un avocat natif de Kafr Zita, Nasser Hawshan, qui est élu. Il est déjà cadre
Ahmad al-Sharaa a clairement exécuté l'ordre 66 politiquement. De ses anciens alliés les plus durs, ceux qui l'ont pourtant mené au pouvoir, il n'y a aucun élu (oui, il y avait de toute façon un boycott des élections par plusieurs forces jihadistes, mais un certain nombre de
Pourquoi Ahmad al-Sharaa a-t-il pu avoir une telle influence ? Car les comités électoraux, dans chaque district, étaient nommés par... la présidence et ses conseillers. Autant dire que le collège électoral lui-même était lié aux objectifs d'Ahmad al-Sharaa... 31/
Bon, désormais, tournons nos regards vers la ville de Homs. Dont les résultats sont définitifs. C'était une élection à suivre de près. Regardons les profils élus ensemble. (Oui, on est parti pour un thread de 70 tweets...). 32/
Tout d'abord, je repère, comme d'autres, Kinan Nahas (au centre du cliché). C'est un islamiste assumé mais aussi une personnalité respectée dans l'ancienne opposition au régime. Il a été un des fers de lance de la résistance au siège de Homs par l'ancien régime entre 2012 et
Autre conservateur tendance dure élu à Homs : Abdullah Ghanoum. Retenez bien son nom, car c'est probablement l'un des plus populaires (au sens de connu du grand public syrien). Il aura donc un poids certain dans la nouvelle assemblée. Il a les bonnes faveurs du nouveau pouvoir,
Toujours chez les conservateurs, et notamment les fréristes, victoire de l'activiste Nour al-Jandali. La jeune femme n'est pas qu'une simple activiste médiatique et une militante du droit des femmes. Elle est proche du parti Wa'ad, créé par les FM. 35/ https://x.com/CdricLabrousse/s...
Homs n'a pas élu que des militants proches des FM ou des mouvances ultra-conservatrices. Notons ainsi l'élection du médecin Nader Sanoufi. Politiquement centriste si l'on devait le positionner. Il a été impliqué dans de nombreuses initiatives de l'opposition dès 2011. 36/
Homs a également élu des partisans du nouveau pouvoir. Même si ralliés récemment. J'appellerai cela le "parti shariste". Ce sont des élus complètement, désormais, alignés sur sa vision politique et économique. Ici, par exemple, Qutaiba al-Issa, militant de Homs, natif
Il faudra suivre cela de près. Car ce "parti shariste" aura une réelle influence. Nombre de ses élus viennent du centre du pays, dans des bastions sunnites comme Hama ou Homs et Idlib. Attention, ces élus sont conservateurs, mais pas radicaux, je précise bien. Ils sont
On me demande ce qu'il en est pour Alep et Damas, entre autres. Le problème, avec ces deux vastes métropoles, c'est le traitement des votes. Car les collèges électoraux n'avaient pas tous voté à l'heure prévue de fermeture. On a donc des retards. 39/
En attendant, voici les vainqueurs des élections pour le district d'Azaz, bastion historique de la rébellion au nord d'Alep, et cela dès 2012. Les trois élus sont également, et de nouveau, des modérés sinon dès centristes. Aucun partisan acharné d'al-Sharaa. Mais plutôt des
Notons ainsi la victoire du docteur Qabtour, connu dans la ville pour ses engagements associatifs, humanitaires et médicaux. Il est cadre dans le système hospitalier. 41/
Je souligne également, toujours dans le district d'Azaz, l'élection de Jaafar Tahan. Un activiste bien célèbre localement. Et un libéral économique convaincu. Ayant défendu le principe de libéralisation économique en cours en Syrie. Il est d'ailleurs membre d'un parti récemment
Pensant à un de mes contacts vivant dans cette zone, j'ai bien évident un regard sur un district électoral frontalier avec la Turquie : celui de Harem. Pourquoi ? Car c'est là que vivent des milliers de combattants étrangers, avec leurs familles, au sein de groupes jihadistes
Tout d'abord, Iqbal Mansour, issu d'une importante famille de l'opposition à l'ancien régime. Il est proche des mouvances telles que celle d'Ahrar ash-Sham. 44/
Le second élu pour le district d'Harem et Wajdi Tarif Zaido. Activiste bien connu localement, plutôt proche de la Turquie (et pas que géographiquement dans ce cas). Il a un vécu complexe dans la révolution, ayant perdu un enfant très jeune. 45/
Repartons vers Alep. Où les résultats sont clairs pour l'est du gouvenorat. On a notamment la victoire d'un conservateur, Ibrahim Khalil al-Talib, pour le district de Manbij. C'est un militant connu localement, proche d'Ahrar ash-Sham à l'époque. 46/
Dans la même région, je retiens l'élection d'Oussama Naous pour le district d'al-Bab. L'homme est déjà impliqué dans le comité municipal de la ville. Il est proche des intérêts turcs dans la région d'Alep. Ce n'est, encore une fois, pas un ultra-conservateur. 47/
Prenons la direction de Jisr al-Shughur, dans la région d'Idlib, bastion de l'opposition au régime dès 2011. Où sont même considérés avoir eu lieu les premiers combats entre loyalistes et déserteurs. Deux candidats sont élus : Muhammad Khaltoum et Mustafa Musa. Deux
Maintenant, regardons la ville d'Idlib. Capitale de l'ancien micro-Etat établi par HTS et Ahmad al-Sharaa, de 2017 à 2024. Premier élu de la ville, Houssam al-Din Dabis. C'est un "shariste", lui aussi. Proche d'HTS déjà de l'époque où le groupe dominait Idlib. 49/
Le deuxième élu est une véritable surprise. Pourquoi ? Mazen Ghazal, natif de Taftanaz, fut notamment le directeur de l'hôpital de la ville. Mais il a surtout été... arrêté et emprisonné, peu de temps certes, par HTS. Et il a pourtant été élu au coeur de son ancien bastion. 50/
Le dernier représentant élu pour la ville d'Idlib est Abdul Razzaq Awad. Conservateur et libéral économiquement. Son programme était particulièrement orienté dans le maintien du développement économique d'Idlib (région transformée, il est vrai, depuis 2017). 51/
Le nombre de libéraux, économiquement parlant je précise bien, au sein du futur hémicycle en dit long sur la ligne déjà engagée par Ahmad al-Sharaa, conseillé en cela par ses frères, notamment Hazem, le businessman de la famille et, népotisme évident, désormais chef du projet de
La tendance est donc confirmée : une dominante modérée, même teintée d'un certain conservatisme, avec un cap libéral économique. La tendance sociale ou laïque sera existante. Mais de manière marginale. La tendance conservatrice religieuse également : elle n'a pas obtenu ce
A Zabadani, bastion de la rébellion dès 2012, un des premiers lieux à avoir pris les armes contre le régime, c'est un avocat, Imad al-Ashrafani, qui a remporté les suffrages. Politiquement, c'est un conservateur modéré. Économiquement libéral. 54/
Ayman Shamou, personnalité locale bien connue à al-Tal, dans la banlieue de Damas, est élu. Il est un opposant de longue date au régime. C'est un modéré en comparaison d'autres élus au sein de la future assemblée. 55/
Muayad Habib est élu pour la ville de Daraya. Cette ville martyre, la Stalingrad de l'opposition syrienne aux portes de Damas, où il a lui même combattu pendant des années avant de prendre l'exil. Jour de son élection, il a visité le cimetière de la ville. Rappelons que Daraya a
Il sera un des doyens de l'assemblée. Muhammad Sharif Talib représentera la région de Nabk. Située au nord de Damas, sur la route de Homs, elle abrite une communauté chrétienne influente (dont de riches hommes d'affaires). Talib est connu, localement, pour dialoguer avec tous.
Autre point que je tiens à soulever ici : la moyenne d'âge à venir de cette assemblée. Elle sera plutôt jeune. Rappelons que plus d'un syrien sur trois, en 2025, a moins de 18 ans. Oui, vous lisez bien... Il apparaissait évident qu'un personnel politique de vieux représentants
D'autres sièges sont gagnés par les minorités du pays. C'est le cas des ismaéliens, là encore, dans la région de Masyaf, en la personne d'Ibrahim Esber, dirigeant le Conseil National Ismaélien de Syrie. C'est un acteur clé de cette communauté qui entretient, pour le moment, de
Autre siège confirmé pour une minorité ? Celui de la région de Baniyas. C'est une énorme surprise car c'est un alaouite, Akram Ali, cinquième en bas sur la photo. Quand on sait que Baniyas est une ville symbole car dispose d'une forte communauté sunnite qui fut durement
Le dépouillement est toujours en cours pour une partie de la région d'Alep. On notera l'avance, dans les résultats préliminaires, d'Abdul Karim al-Aqidi. Un ancien cadre administratif sous l'ancien régime. Ayant rejoint l'opposition dès 2011. Proche des turcs, il a été réfugié
J'ai oublié de le signaler mais c'est notamment un chrétien, Nawar Najmeh, qui est un des responsables des élections législatives indirectes qui ont eu lieu ce 5 octobre. Et qui en est aussi un des portes paroles. 62/ https://x.com/AlekhbariahSY/st...
Nous disposons enfin de l'ensemble des identités pour les élus pour la capitale, Damas. On va donc y jeter un œil. Si vous n'êtes pas trop fatigués. Pour ma part, je commence à être rincé et fatigué. Mais j'ai obtenu l'attention... du gouvernement syrien pour ce travail qu'aucun
Alors, à Damas, quelques profils très intéressants. Nizar Younis al-Madani, pour commencer. Un libéral qui avait axé sa campagne avec un discours très parlant pour les libéraux occidentaux : recentrer l'État et réduire la bureaucratie... 63/
Un profil conservateur modéré à suivre à Damas avec Hisham al-Afyouni, élu également ce 5 octobre. Militant de l'opposition, c'est aussi un juriste et conseiller pour diverses institutions. Il a notamment étudié en Turquie. 64/
Pour le district urbain de KafrSousseh, c'est l'avocat Hassan al-Sheikh qui a remporté les suffrages. C'est un modéré pro-business. Il a porté un programme axé sur la relance économique et sur un combat contre la corruption dans les strates administratives du pays. Damas
On reste chez les libéraux avec également la victoire de Radwan Muhammad al-Sabnati. Entrepreneur syrien, ayant notamment fait de bonnes affaires en Turquie, il a été élu à Damas. 66/
A Damas, toujours, c'est un militant historique qui a été élu. Muhammad Bassil Muyiddin a remporté le scrutin, lui le natif du quartier de Salihiyah. C'est un conservateur politiquement. Engagé très tôt dans la révolution en 2011, il a été emprisonné deux ans et torturé dans la
Enfin, parmi d'autres que je n'évoque pas forcément, je retiens également l'élection du professeur de droit, Amar Sharqatli, spécialiste du droit commercial. Un universitaire de tendance plutôt sociale. 68/
Je suis désormais suivie par Razzan Saffour, une des communicantes de la présidence syrienne, ainsi que par plusieurs membres de la commission électorale. Je m'en félicite mais je trouve surtout déplorable, comme des milliers de syriens, qu'il n'y ait eu aucun travail de suivi
Le dépouillement a pris un retard considérable pour la métropole d'Alep, capitale économique du pays avant la guerre civile. Un statut qu'elle aimerait reprendre. Donc, par avance, je rappelle que je ne peux que vous fournir des détails sur les élus. 70/
Sur ce, après des semaines de préparation de suivi de ces élections, et une journée entière consacrée au suivi des résultats, puis à vous les dévoiler avec des contextes individuels précis, et des grandes tendances qui se dégagent de ces dizaines de premiers élus, je vais aller

















































