Mardi 7 octobre, dixième jour au procès de Cédric Jubillar à Albi. Une série de témoins sont attendus aujourd’hui à la barre, dont le médecin légiste qui a expertisé l’accusé et la famille qui l’a accueilli quand il était enfant. LT à suivre pour @franceinfo
Après ce qui a été présenté comme "un coup de théâtre" de la défense hier à l’audience, la présidente devra décider si elle fait venir ou non le gendarme qui a travaillé sur la téléphonie.
Emmanuelle Franck et Alexandre Martin affirment que le téléphone de l’amant de l’infirmière disparue a activé une cellule réseau couvrant le domicile des Jubillar. Contrairement à ce qui a pu être dit, il ne s’agit pas d’un bornage téléphonique mais d’une activation via internet.
Pire, ils dénoncent une falsification des enquêteurs affirmant que ces derniers ont fait disparaître l’étude téléphonique de l’amant. "Je n’ai plus confiance dans les gendarmes !", a lancé Alexandre Martin hier, réclamant qu’un expert indépendant vienne se prononcer.
L'audience a repris. La présidente annonce le rejet de la demande formulée par la défense hier. Celle-ci avait réclamé que la cour acte le fait que le PV concernant la localisation du téléphone de Donat-Jean M. a été retiré de la procédure par les gendarmes.
"Les faits allégués par la défense ne sont pas survenus à l'audience, donc la cour rejette la demande de Maître Franck et de Maître Martin", déclare la présidente, Hélène Ratinaud.
La magistrate annonce par ailleurs avoir convoqué le gendarme qui a travaillé sur la téléphonie à 15h30 cet après-midi.
On entend à présent André Alran, ingénieur en procédés industriels. Il s'exprime sur la condensation observée dans la voiture du couple Jubillar au petit matin du 16 décembre 2020, par les gendarmes primo-intervenantes.
La veille, Delphine Jubillar est rentrée de l'école avec ses enfants en fin d'après-midi et n'a pas réutilisé la voiture.
Laurent Boguet, avocat des enfants Jubillar, demande si "la chaleur engendrée par les enfants et leur mère autour de 16h pourrait justifier les observations réalisées par les gendarmes autour de 6h du matin".
L'expert estime que "la différence entre un corps chaud et le froid de la voiture va favoriser ce phénomène de condensation". Laurent De Caunes, avocat du frère de la disparue, souligne que la journée du 15 décembre, il faisait froid, "autour de 8, 9 degrés".
L'expert relève également l'humidité cette nuit-là, qui favorise le phénomène de condensation. En résumé : ses réponses vont plutôt dans le sens de l'accusation, laissant penser que quelqu'un a pu remonter dans la voiture pendant la nuit.
Côté défense, Alexandre Martin constate que ses constats sont uniquement "théoriques" puisqu'il n'a pas expertisé la voiture du couple Jubillar. "Vous n'avez pas fait de constatations sur l'étanchéité de la voiture", insiste l'avocat.
L'avocat prend un exemple personnel et affirme que son fils étudiant avait une voiture "pourrie" et que le matin, quand il montait dans son véhicule, "on ne voyait pas à travers les vitres".
Emmanuelle Franck débat longuement avec l'expert sur ce sujet de la condensation. "S'il y a utilisation du véhicule dans la nuit, c'est manifestement autour de 23h/minuit. Est-ce que vous pouvez trouver des stigmates de condensation à 6h du matin ?", lui demande-t-elle.



