Lundi 13 octobre, début de la dernière semaine du procès de Cédric #jubillar. Au programme un psychiatre et la fin de l’interrogatoire de l’accusé. Live à suivre ici ⬇️ Par @MathieuFourquet
La journée commence
Le docteur Pierre Hequet, psychiatre va déposer.
Je l’ai vu à deux reprises durant l’instruction. Dès notre premier examen, il était en isolement. Et il m’a dit « je n’ai pas beaucoup de temps à vous apporter ».
Il est incarcéré depuis deux semaines. Il dit qu’il n’a rien fait et qu’il va sortir rapidement.
Il dit qu’il est sevré de tabac et de cannabis depuis son incarcération. Il est donc irritable. Il dit qu’il fumait entre 10 et 25 joints par jours ce qui est très conséquent. Il dit que le cannabis n’a pas de mauvais effet sur lui.
Il m’explique qu’il est à l’isolement pour sa propre sécurité. Il dit « je ne suis pas un pédé, pas un violeur, je suis un criminel comme les autres »
Je l’interroge sur sa relation avec la victime. Il ne donne jamais son prénom, il l’appelle « elle », « madame », « ma femme ». il dit que trois ans après sa relation il compris que c’était la femme de sa vie. « je ne l’ai plus jamais trompée ».
Le couple a deux enfants, qui ont été désirés. Il dit que la naissance d’Elyah était pour sauver le couple. Il dit qu’il avait tout à perdre dans son divorce. Il reconnait qu’il y avait des disputes.
Je lui pose une question sur la construction de la maison. Je lui dis que la maison était dangereuse pour les enfants, il m’a répondu que « non il ne manque aucune cache prise ». Il répond qu’il a aménagé le jardin pour eux.
Sur les faits, il dit qu’il est innocent, qu’il a plein d’hypothèse. Il dit qu’elle avait demandé le divorce, mais qu’il n’est pas jaloux. Il reconnait qu’ils s’engueulaient tout le temps. Il dit « J’ai essayé de la reconquérir, je suis tombé sur un mur ».
il explique qu’elle l’insultait « connard », « cassos ». « Quand elle me disait ça, je rigolais », répond t’il. Il dit qu’il a cherché à savoir si elle avait quelqu’un « dès le mois de juin j’avais de soupçons, elle ne l’a jamais admis ». il dit que le divorce l’arrangeait.
Sur ses hypothèses, il dit qu’« elle s’est barrée », qu’elle est peut-être en Espagne ». Elle dit qu’elle sortait les chiens. « c’est la seule chose que lui demandais, de sortir les chiens ».
Sur sa biographie, il parle de son beau-père, qu’il dit considérer comme son père. « il m’a considéré comme son fils, il grattait pour que j’ai à manger ». il dit qu’il était très violent, qu’il y a eu des scènes « mémorables ». il reconnait qu’il le provoquait.
Il dit qu’à 13 ans, il est devenu un petit délinquant ingérable. « J’ai toujours fait des bêtises au collège, je faisais le mur, je fumais ».
Il parle de son grand-père maternel, qui est la boussole de son enfance. Il livre les moments de bonheur partagés. Ce dernier est décédé il y a 15-16 mois. Il dit « c’était un papy gâteau, j’étais le prince ».
et là il s’effondre en pleurs. Puis il dit « qu’il a accepté son départ désormais ». cette disparition est difficile pour lui.
Sur sa mère, il dit qu’elle changeait souvent de métier. Il lui en veut d’avoir assisté aux coups que son beau-père lui a porté sans intervenir. Puis il excuse son beau-père en disant qu’il l’a beaucoup cherché.
Sur le plan psychiatrique, il dit n’en avoir eu aucune jusqu’à sa détention. Il a une intelligence normale.
Il peut parfois être très cru dans son expression verbale. L’identification au père est compliquée. L’image masculine n’a pas été rassurante, voire détestable.
Dans les entretiens, il est très sûr de lui, parfois arrogant. Il a la réponse à toutes les questions, il a parfois un ton enjoué. Il dit que son humeur est inaltérable. Il a de la répartie. Il a une haute opinion de lui-même. L’analyse introspective est difficile.
Il a un égo surdimensionné, un sentiment de toute puissance.
Il a un coté régressif. Il a une problématique addictive. Il a un côté adolescent, il ne serait pas en cause. Il utilise le cannabis pour diminuer son stress. L’utilisation répétée empêche la maturation de la personnalité.
Il est dans la maitrise de ses émotions, il n’y a aucune faille dans son discours. Je n’ai pas perçu chez lui une culpabilité névrotique. Il est rapidement séducteur. Il peu destabilisable.
En conclusion, il n’a pas de pathologie mentale. Il a une personnalité impulsive. A l’âge adulte il s’est inséré. Il fonde une famille mais reste immature, psychorigide et méfiant. Il ne comprend pas pourquoi il est mis en cause. #Jubillar
S’il a commis les faits, il a pu vivre une sorte d’effondrement personnelle. C’est une hypothèse.
- A-t-il des troubles de la mémoire ? - Pas du tout. - Il dit très souvent « je ne m’en souviens pas ». - Ça peut être défensif. C’est compliqué pour lui de se souvenir car c’est très mobilisateur pour lui, en lien avec ses traumatismes précoces.
L’avocat général demande : - Ce qui me frappe c’est la noirceur du ton qui est employé. Il dit « je suis un raté de l’éducation ». Et il s’emporte face à vous. On a affaire à quelqu’un qui est dans une situation de colère et un peu sans filtre, alors qu’ici il est plus nuancé.
- Oui il était toujours sur ce ton entre colère et moments où il se livre.
- Il dit qu’il s’est construit avec l’amour inconditionnel de sa mère. - Oui ce qui fait que les angoisses d’abandon sont encore plus présentes.
- Ici Cédric Jubillar fait des réponses courtes. Vous dites qu’il est très défensif sur le plan émotionnel. Le fait qu’il est du mal à répondre durant cette audience, peut être le fait qu’il a des difficultés à parler des choses qui sont difficiles pour lui ?

