Bonjour à tous ! Lundi 13 octobre, on entame la dernière semaine au procès de Cédric Jubillar. Son interrogatoire récapitulatif reprend aujourd’hui, après une première partie de questions vendredi après-midi. LT à suivre pour @franceinfo
Sous le feu des questions vendredi, l’accusé, poursuivi pour le meurtre de son épouse, Delphine Aussaguel, s’est montré inflexible : "je n’ai pas tué Delphine", a-t-il répété depuis son box. Le compte-rendu de ces quatre heures d’interrogatoire est ici👇🏻 https://www.franceinfo.fr/fait...
Avant la deuxième partie de son interrogatoire, qui abordera (enfin) la nuit de la disparition de l’infirmière de 33 ans, la cour d’assises du Tarn entendra ce matin la déposition de l’expert-psychiatre qui a rencontré Cédric Jubillar en détention.
Et voici le programme pour le reste de la semaine. 👉🏻 Mardi et mercredi matin : plaidoiries des avocats de parties civiles. 👉🏻 Mercredi après-midi : réquisitions. 👉🏻 Jeudi matin : plaidoiries de la défense. 👉🏻 Vendredi : derniers mots de Cédric Jubillar et verdict.
La décision des six jurés et des trois magistrats professionnels, dont la présidente, est attendue vendredi après-midi ou dans la soirée.
L'audience est ouverte. Pierre Hecquet, médecin psychiatre à Toulouse, s'avance à la barre. Et détaille l'exposé de son expertise : il a rencontré Cédric Jubillar deux fois, le 1er juillet 2021, très peu de temps après son incarcération, et le 6 octobre 2021.
"Dès mon premier examen, il était à l'isolement et j'ai été un peu surpris du premier contact, il me dit : 'je n'ai pas beaucoup de temps à vous accorder'. Tout doucement, je suis arrivé à établir un dialogue", débute l'expert.
"Il a un bon contact avec la réalité, pas de trouble du langage et de la pensée. Il dit qu'il est victime de fausses allégations et qu'il va sortir rapidement. Il exprime une colère vis-à-vis de son incarcération", ajoute Pierre Hecquet.
"Le fait d'être à l'isolement est extrêmement difficile. Il dit : 'ils me font chier, on est traités comme des merdes'", rapporte-t-il.
Lors du deuxième rendez-vous, quatre mois après, "il est toujours à l'isolement et ne supporte plus ce régime spécial, avec des fouilles appuyées", ajoute l'expert psychiatre.
L'expert constate que Cédric Jubillar n'a "jamais" appelé son épouse par son prénom pendant tout ce deuxième entretien. "C'était : 'elle', 'madame', 'ma femme'", détaille-t-il.
"On a essayé quelque chose qui a bien fonctionné", dit-il concernant les débuts de sa relation avec Delphine Aussaguel, même s'il reconnaît qu'il n'était pas fidèle au départ. "Et deux, trois ans après, je me suis dit : 'c'est la femme de ma vie, je ne l'ai plus jamais trompée'".
Il reconnaît de nombreuses disputes avec elle. "Je crie, je gueule, je ne suis pas patient", admet Cédric Jubillar.
"Avec les enfants, il reconnaît ne pas être patient, mais ne vas pas plus loin", ajoute Pierre Hecquet.
Quand leur fille, Elyah, avait six mois, "on s'engueulait tout le temps", dit-il, "pour un oui, pour un non". Il affirme : "elle n'est pas présente pour Elyah, c'est une mère rejetante". "J'ai essayé de la reconquérir, je suis tombé sur un mur, j'ai pris un avocat", ajoute-t-il.
Il reconnaît avoir attrapé son épouse par les épaules en septembre 2020.
"Il pense que sa femme a pu partir en laissant les enfants, qu'elle se serait 'barrée', et serait partie en Espagne", rapporte l'expert psychiatre.
Il affirme que "les gendarmes ont maquillé les preuves" le concernant. Il évoque son pyjama tâché et la couette qu'il a mise à laver, "parce que les chiens ont pissé dessus".
"Il porte le nom de sa mère, Nadine Jubillar, pas celui de son père, qu'il appelle 'le géniteur'", pointe Pierre Hecquet. Il dit l'avoir rencontré (à l'adolescence) et précise : "il n'est que la merde qui a mis la graine".
Concernant Olivier Fabre, son beau-père, le compagnon de sa mère, il dit : "c'est un monsieur dans la vie de ma mère que je considère comme mon père : il a 50 ans, est chauffeur-livreur, il est arrivé, j'avais 4 ans, il m'a considéré comme son fils".
"Il grattait pour que j'ai à manger", ajoute-t-il. Mais Cédric Jubillar précise qu'il a été "très violent" à son égard, quand il avait "10, 11 ans". "Il reconnaît aussi qu'il le provoquait", rapporte l'expert.
"A 16 ans, je suis devenu un petit délinquant", ajoute Cédric Jubillar, qui est alors parti en foyer, puis de nouveau en famille d'accueil. "J'ai toujours fait des bêtises au collège : j'insultais, je répondais", reconnaît-il.
Il redouble la classe de quatrième.
Cédric Jubillar parle de son son grand-père maternel comme d'un "repère important, quasiment une boussole". "Il livre avec émotion des moments de bonheur partagé, un papi gâteau", rapporte l'expert. "J'étais le prince", dit l'accusé, qui parle de "la pêche" avec son grand-père.
L'accusé "s'effondre en pleurs" à l'évocation de son grand-père. "C'est le seul moment où je verrai monsieur Jubillar lâcher prise comme ça. L'évocation du départ de son grand-père est douloureuse pour lui", constate l'expert psychiatre.
Cédric Jubillar "en veut encore à sa mère d'avoir assister aux coups de son beau-père sans rien dire". "Elle s'est séparée brièvement de lui et, six mois plus tard, elle vivait de nouveau avec lui", relate l'expert.
"Mais il excuse beaucoup celui qui le maltraitait", relève Pierre Hecquet. Il dit : "je l'ai beaucoup cherché".
Cédric Jubillar a "des mots très forts sur son passé". "Il dit : 'je suis un raté de l'éducation', 'les coups ont remplacé les mots dans mon enfance'".
L'accusé revient ensuite sur son père biologique. "Ma mère était une gamine de 17 ans, lui, un trou du cul de 20 ans. Il a pas assumé, c'était le premier amour de ma mère. A 18 mois, il a voulu me reconnaître, mais ma mère a refusé", détaille-t-il.
"Il explique que sa mère l'adore, c'est un amour maternel très fort, très peu sanctionné. Il n'a pas souvent réfléchi à sa propre histoire", analyse l'expert.
Pierre Hecquet détaille ses conclusions : "il a une intelligence normale, quand les événements sont trop sollicitant émotionnellement, il se replie de manière défensive. Il s'exprime de manière très crue", détaille-t-il.



