Published: October 13, 2025
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"Qu'est-ce qui aurait fait qu'elle serait disparue volontairement ?", demande la présidente. "J'en ai aucune idée, c'est ce que je vous dis, c'est pour ça que j'espère pas", déclare Cédric Jubillar.

"Sur la relation extraconjugale, vous en aviez la quasi certitude, mais il vous manquait la preuve et elle pouvait être faite soit par messages, soit par photo. On sait que Donat-Jean M. envoie une photo de lui à 22h53 à votre épouse", souligne la présidente.

"Je n'en ai pas connaissance", affirme Cédric Jubillar.

"Votre femme aimait ses enfants ?", lui demande l'un des avocats généraux. "Oui, mais c'est pas une raison pour laquelle elle voudrait pas s'en aller", estime Cédric Jubillar.

"Je suis d'accord, il y a des gens qui abandonnent leurs enfants. Mais le week-end du 12/13, vous préparez Noël en famille, achetez des cadeaux... C'est l'état d'esprit de quelqu'un qui va quitter sa famille ?", l'interroge l'avocat général.

"Non pas du tout ! Mais on ne sait jamais...", répond l'accusé.

"Elle est allée voir sa banquière le 15 (décembre) au matin, elle prend rendez-vous le 18 : c'est l'état d'esprit de quelqu'un qui va abandonner sa famille ?", insiste le magistrat. "C'est pas à moi qu'il faut poser la question", s'agace l'accusé dans son box.

Cédric Jubillar estime qu'on l'a poussé "à dire des choses" devant les magistrats instructeurs. "Vous avez vos trois avocats qui sont là ! Et on vous pousse à dire des choses ?!", s'agace l'avocat général. L'atmosphère est tendue. L'accusé a des spasmes, il bouge beaucoup.

Mourad Battikh, avocat de partie civiles, trouve "extraordinaire" qu'il dise ne pas connaître les habitudes de sa femme, sur le port des lentilles et des lunettes, alors qu'il vit depuis "quinze ans" avec elle.

"Vous ne savez pas si elle met des lunettes ou si elle met des lentilles, ça vous est parfaitement inconnu ?", s'agace-t-il. "C'est tout à fait ça", répond l'accusé.

Il se moque de l'accusé lorsqu'il affirme avoir partagé un câlin avec son épouse seul à seul pendant quelques minutes dans le lit, et qu'ils ne ne sont pas dit un mot. L'avocat n'y croit pas, au vu du contexte tendu dans le couple.

"C'est un beau moment suspendu, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes entre Cédric et Delphine !", lance Mourad Battikh.

"Exactement !", rétorque Cédric Jubillar.

Laurent Boguet rappelle que l'ancienne compagne de Cédric Jubillar, Jennifer C., affirme avoir recueilli ses aveux en détention.

Et que celui-ci lui aurait dit que l'expert légiste avait bien vu une marque liée au meurtre de son épouse, qu'il s'était fait en l'étranglant, mais qu'il avait prétendu que cette marque était liée aux travaux du parquet flottant.

"Comment Jennifer aurait su que vous aviez cette marque ?" demande-t-il.

L'accusé affirme que le légiste n'aurait effectivement pas vu des marques liées aux travaux du parquet flottant (mais qu'elles n'ont rien à voir, selon lui, avec le meurtre de son épouse).

La défense tente d'intervenir après cette déclaration étonnante de l'accusé. "Arrêtez avec vos réflexions !", lance Laurent Boguet. "Il va falloir que chacun se tienne à son couloir de nage. Je comprends que ça pique, ça fait mal", nargue-t-il.

"Vous insinuez que je l'ai tuée ?", demande Cédric Jubillar à l'avocat de la partie civile. "Ah oui oui oui, ça je l'insinue !", répond Laurent Boguet de sa grosse voix.

L'interrogatoire est très dense, je ne peux pas tout retranscrire. Interrogé par l'avocat Laurent de Caunes, Cédric Jubillar réaffirme : "je suis innocent, je le martèlerai jusqu'au bout".

Après une petite pause d'audience (que je ne fais pas pour alimenter ce LT) la présidente reprend l'interrogatoire sur la nuit du 15 au 16 décembre, le moment où Cédric Jubillar se réveille.

Hélène Ratinaud lui demande de détailler sa réaction cette nuit-là, quand il se réveille à 3h30, selon ses dires, et ne voit pas sa femme.

"Je cherche Delphine partout dans la maison et je ne la retrouve pas, je fais tour maison, je constate que les chiens sont dehors, elle ne les a pas rentrés", détaille-t-il d'un trait, ajoutant avoir appelé les amies de son épouse.

"Je décide d'appeler les gendarmes, inquiet", conclut-il. Cédric Jubillar fait cette déclaration d'un trait, mécanique.

La présidente diffuse l'enregistrement de son appel à la police, inaudible en salle de retransmission.

J'ai seulement réussi à noter le début de l'appel. "Oui bonjour, je ne sais pas où est passée ma femme", déclare d'emblée Cédric Jubillar au téléphone.

"C'est à dire monsieur, qu'est-ce qui vous arrive ?", demande le policier. "Ecoutez, je me réveille là, et je suis tout seul à la maison", répond l'accusé.

"On est en instance de divorce, mais ça se passe bien", affirme-t-il à un moment.

L'appel dure un peu plus de quatre minutes et a lieu à 4h09 du matin.

"Dans cet appel, vous émettez une hypothèse : 'elle va promener les chiens de temps en temps' mais vous ne précisez pas que c'est vous qui lui demandez spécifiquement d'aller promener les chiens ce soir-là", note la présidente.

"A 4h30 du matin, j'avais pas les idées très claires", explique l'accusé.

Les gendarmes le rappellent dix minutes après et laissent un message. "Je devais être en train d'essayer d'appeler Delphine, c'est pour ça qu'ils n'ont pas réussi à m'avoir", avance-t-il.

"Quand un appel est entrant, on vous signale le fait que appel entrant", oppose la présidente. "Ah je ne sais pas", répond Cédric Jubillar.

Un gendarme le rappelle vers 4h25. Il lui demande si elle fréquente quelqu'un d'autre. "J'ai des doute à 2000% mais je n'ai aucune preuve", répond Cédric Jubillar. "Je suis en panique, je suis en panique !", ajoute-t-il notamment.

La présidente lui demande pourquoi il est accroupi devant la machine à laver quand les gendarmes primo-intervenantes arrivent dans la nuit. "Je mets des chaussettes qui traînent dans la machine à laver", affirme l'accusé, qui répond toujours du tac-au-tac, sans ciller.

"C'est vous qui l'avez lancée ?", lui demande la présidente. "Pas du tout", répond-il, pensant l'avoir mise en route "le 16 ou le 17", au moment où il met la couette à laver, parce que "les chiens ont fait pipi dessus".

La présidente note qu'il fait la recherche "effacer appareil Android, localiser appareil Android" sur son téléphone, quand les gendarmes sont là, au petit matin. Cédric Jubillar estime que ce sont eux qui ont pris son téléphone pour faire cette recherche.

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