De retour à la cour d'assises de Paris pour le procès de #dahbiabenkired, jugée pour le meurtre de #Lola. Suivez dans ce live-tweet les temps forts du procès.👇
Aujourd'hui, cinquième jour d'audience, la cour entendra les dépositions de l'expert psychiatre ainsi que la contre-expertise psychiatrique de l'accusée. Cet après-midi, l'accusée sera de nouveau interrogée et les avocats de parties civiles feront leurs plaidoiries.
L'audience est ouverte. L'accusée est dans son box.
Karine Jean, experte psychiatre, s'avance à la barre. "Dahbia Benkired semblait animée par un sentiment mégalomaniaque et narcissique", commence l'experte.
Elle décrit l'accusée comme "agressive", "sur la défensive", "apathique", "froide", qui présentait quelques "trous de mémoire".
"C'est la première fois que vous voyez un cas comme ça ?", lui aurait demandé Dahbia Benkired lors d'un entretien, semblant chercher une forme de reconnaissance dans son crime.
Elle aurait cherché à connaître le contenu des articles la concernant. "Elle paraîtra frustrée de ne pas avoir suscité l'intérêt qu'elle attendait", avance l'experte.
Lors du deuxième entretien, l'accusée change de comportement : elle est courtoise avec l'experte. "Elle nous remerciera même pour notre sympathie à la fin de l'entretien, nous expliquant que 'nous, nous étions gentils'"
Malgré tout, sur les faits, l'accusée est toujours "allusive" : "Le contenu du discours est pauvre, avec une volonté manipulatoire", note la psychiatre.
Le troisième entretien, toujours assez "décontracté", ne serait pas plus satisfaisant avec "beaucoup de propos contradictoires". "On avait vraiment un discours en creux, relève Karine Jean. Elle était dans une volonté de domination et de maîtrise de l'instant comme on en
Karine Jean s'est penchée sur l'enfance de l'accusée. Cette dernière lui raconte que, petite, elle "aimait le sport, la natation, les jeux vidéo, les sorties en famille".
"Dahbia Benkired a baigné dans les valeurs et les traditions musulmanes. Elle faisait même ses cinq prières par jour." D'elle-même, l'accusée aurait admis avoir été "un peu vicieuse" pendant son enfance.
"Elle n'aurait jamais redoublé, poursuit Karine Jean. Elle dit avoir été une très bonne élève, avec un niveau plus moyen au collège. Elle obtient son brevet des collèges"
En 2018, elle obtient un CAP cuisine. "L'idée, c'est d'obtenir des papiers et de faciliter les démarches", estime la psychiatre.
L'experte vient maintenant à la vie de Dahbia Benkired en France. Elle s'installe avec sa mère et ses soeurs à Bry-sur-Marne. Ses soeurs ont quitté le logement, sa mère est décédée et elle s'est retrouvée seule dans l'appartement où elle a fini par être expulsée.
"Elle n'aurait pas pu s'insérer sur le sol français", commente l'experte. Au décès de sa mère, Dahbia Benkired aurait "vrillé".
Sans logement, Dahbien Benkired se fait héberger, vit à droite à gauche. Elle travaille de temps en temps mais, dès qu'elle a de l'argent, "elle se fait plaisir et ne met jamais d'argent de côté."
Après l'obtention de son permis de séjour en 2017, "elle aurait commencé à reprendre sa vie en main en cherchant du travail". Mais elle est régulièrement licenciée "Elle n'avait pas de papiers, détaille l'experte. Elle se sentait entravée en France et voulait partir en Algérie."
L'experte s'attarde ensuite sur la vie sentimentale et intime de Dahbia Benkired qui raconte avoir été "empoisonnée" et "violée dehors" après de "mauvaises rencontres".
"Tout ce qui importait pour elle c'était de sortir tout le temps, raconte Karine Jean. Elle a été amoureuse d'un ami de sa sœur. Elle aurait souhaité garder sa virginité jusqu'à son mariage mais s'est offerte un homme à ses 19 ans." Elle évoque Mustapha M., avec qui elle est
"Elle mentionnera que toute sa vie, on l'avait violée. Elle parle d'un voisin qui l'avait violée. Mais rien n'était très clair, elle ne se souvenait pas des détails", note Karine Jean.
"Elle n'aurait jamais eu de relations sexuelles avec une femme. Elle se disait hétérosexuelle de manière exclusive."
Sur son crime, Dahbia Benkired déclare qu'elle "aurait perdu le contrôle" et qu'elle était "comme un pantin" au moment des faits. "Elle ne reconnaîtra aucune implication, poursuit la psychiatre. Elle dira qu'elle a été violée et droguée donc qu'elle était sous influence."
"On retient chez Dahbia Benkired, une présentation labile, dans le sens de la maîtrise. Elle a pu se présenter provocante, cynique. C'était comme si elle parsemait des indices et que c'était à nous de reconstruire le puzzle sans connaître le vrai du faux. Elle semait le trouble
"Il est important de ne pas confondre la folie d'un acte avec la folie de son auteur, souligne Karine Jean. On a pu exclure toute pathologie psychiatrique au cours de nos entretiens avec Mme Benkired"
"Il y a une haute tendance à la psychopathie. Au-delà de la froideur affective, Mme Benkired a besoin de l'autre, besoin d'un rapport dominant dominé. Elle investit l'autre comme un objet qu'on prend, qu'on casse, qu'on jette. Cela lui procure de la jouissance mégalomaniaque"
Elle évoque la présence "d'une perversité structurelle chez Mme Benkired".
"Nous n'avons pas relevé de troubles psychiques qui auraient altéré ou aboli son discernement", maintient l'experte.
- Avez-vous retrouvé des traits schizotypiques comme le psychologue entendu hier ? demande le président. - Non.
"Elle a un discours labile, reprend Karine Jean. Elle a des propos fluides, clairs, puis après aborde un autre sujet sans jamais aller dans le fond, nous laissant pantois de la suite. Elle se nourrit de l'autre et de ce qu'elle suscite chez l'autre."
- Comment faire pour faire davantage parler l'accusée ? interroge le président. - J'ai aucune idée sur comment faire pour ouvrir la discussion de Mme Benkired..., admet la psychiatre avant d'ajouter : il y a quelque chose de très contentant chez Madame Benkired à être la seule

