đšTHREAD - AprĂšs sa condamnation en appel, le RN va encore mentir pour manipuler l'opinion. âPas d'enrichissement personnelâ ; âdĂ©saccord administratifâ ; âPas d'emploi fictifâ Voici l'ensemble des arguments factuels, basĂ©s sur le dossier, pour dĂ©bunker ces mensonges. —ïž
Mensonge n°1 : âIl n'y a pas d'enrichissement personnelâ Sur les 4 591 332,10 ⏠dĂ©tournĂ©s par le Front National, 4,1 millions d'euros n'ont servit qu'a rĂ©munĂ©rer 7 personnes. Ces 7 personnes ont soit travaillĂ© pour les Le Pen soit sont les Le Pen. - Yann Le Pen, 417 000 ⏠- GĂ©rald GĂ©rin, assistant personnel de Jean-Marie Le Pen, 805 000 âŹ. -Micheline bruna, secrĂ©taire particuliĂšre de Jean-Marie Le Pen, 688 000 âŹ. - Guillaume LâHUILLIER, chef de cabinet de jean-Marie Le Pen, 510 000 âŹ. - Thierry Legier, garde du corps de Jean-Marie Le Pen puis de Marine Le Pen, 717 000 âŹ. - Catherine GRISET, assistante et amie de longue date de Marine Le Pen, 408 000 âŹ. - Jean François Jalkh, ami de longue date de Jean Marie Le Pen, 546 000 euros. Cette affaire, c'est d'abord l'affaire d'une famille qui a utilisĂ© l'argent public pour rĂ©munĂ©rer ses proches et les jeunes en qui elle croyait (Julien Odoul aujourd'hui dĂ©putĂ©, Jordan Bardella, ThimothĂ©e Houssin aujourd'hui dĂ©putĂ©, Catherine Griset aujoud'hui eurodĂ©putĂ©e...) afin de se sĂ©curiser une garde rapprochĂ©e. Mais c'est pas tout, Marine Le Pen avait aussi offert Ă Louis Aliot, son compagnon de l'Ă©poque, un contrat d'assistant parlementaire Ă mi-temps payĂ© 5 006,95 ⏠Les dĂ©tournements ont servit aussi bien les ambitions du Front National que les intĂ©rĂȘts personnels et familiaux des Le Pen. Ils ont contribuĂ© Ă renforcer leur influence au sein du RN et Ă financer, aux frais du contribuable, leur carriĂšre politique. De plus, tout a Ă©tĂ© mis en Ćuvre pour exploiter au maximum les crĂ©dits destinĂ©s aux assistants parlementaires, avec des salaires parfois exorbitants. Un message de Nicolas Bay illustre ces pratiques : "Bonjour, il me reste des crĂ©dits disponibles dans mon enveloppe pour payer mes assistants parlementaires. Afin d'utiliser les fonds restants dispos sur 2014, merci de procĂ©der Ă l'embauche en CDD de 2 mois de cette personne : Eric G. (âŠ) Salaire net : 5 000 euros/mois. CDD du 1er novembre au 31 dĂ©cembre 2014. Merci, Ă bientĂŽt. Nicolas." Parfois, ces contrats ne duraient quâun seul jour, servant Ă offrir des primes dĂ©guisĂ©es aux fidĂšles du parti. Le tout avec vos impĂŽts. Mais c'est pas tout sans ce systĂšme de dĂ©tournement de fonds, un parti endettĂ© jusquâau cou nâaurait jamais pu offrir de telles rĂ©munĂ©rations Ă ses employĂ©s mais aussi aux personnes qui n'ont pas directement bĂ©nĂ©ficiĂ© de ses contrats, par exemple Marine Le Pen rĂ©munĂ©rĂ©e par le parti en tant que prĂ©sidente n'aurait jamais pu s'offrir de si gros salaire sans les dĂ©tournements ayant permis d'allĂ©ger le poids sur les finances du Front National. Ainsi, lâargument selon lequel il nây aurait pas eu dâenrichissement personnel est totalement fallacieux. La preuve, le 16 juin 2014, Wallerand de Saint Just envoie un mail Ă Marine Le Pen : âDans les annĂ©es Ă venir et dans tous les cas de figure, nous ne nous en sortirons que si nous faisons des Ă©conomies importantes grĂące au Parlement europĂ©en.â Le FN ne pouvait pas maintenir un tel train de vie sans ce systĂšme.
Mensonge n°2 : âIl s'agit d'un dĂ©saccord administratifâ Dâabord, il ne sâagit ni dâerreurs ponctuelles, ni dâun diffĂ©rend dâinterprĂ©tation des rĂšgles administratives, mais dâun systĂšme structurĂ©, organisĂ© et durable. Les juges et le parquet relĂšvent un dĂ©tournement de 4,5 millions dâeuros sur une pĂ©riode de 146 mois, soit plus de douze annĂ©es, Ă©tant prĂ©cisĂ© que les faits antĂ©rieurs, aujourdâhui prescrits, nâont pas Ă©tĂ© examinĂ©s alors mĂȘme que, selon la procureure, les infractions « se commettaient vraisemblablement dans des conditions analogues avant le dĂ©but de la pĂ©riode de prĂ©vention » . Ce qui motive la condamnation n'est pas une mauvaise interprĂ©tation d'un texte, mais la « discordance » absolue entre l'emploi officiel d'assistant parlementaire dĂ©clarĂ© et la rĂ©alitĂ© de l'emploi effectivement exercĂ© au profit exclusif du parti. C'est le dĂ©tournement d'enveloppe parlementaires afin de subvenir aux besoins financiers du RN. Il n'a jamais Ă©tĂ© question dans l'embauche des assistants parlementaires des besoins des eurodĂ©putĂ©s et de la compĂ©tence d'un assistant parlementaire mais bien de question comptable sur la façon d'optimiser l'utilisation des enveloppes afin d'allĂ©ger le poids sur les finances du RN. Ensuite, les consĂ©quences ne sont ni hypothĂ©tiques ni abstraites. Le parquet souligne que ces dĂ©tournements ont eu un impact direct sur le fonctionnement du Parlement europĂ©en, en privant les eurodĂ©putĂ©s concernĂ©s des assistants parlementaires censĂ©s les assister dans lâexercice de leur mandat. Les assistants rĂ©munĂ©rĂ©s sur fonds europĂ©ens travaillaient en rĂ©alitĂ© pour le parti, ce qui a mĂ©caniquement rĂ©duit les capacitĂ©s de travail parlementaire des Ă©lus et portĂ© atteinte au bon fonctionnement de lâinstitution. Mais surtout, les principaux protagonistes avaient CONSCIENCE de commettre une infraction pĂ©nale : Le 22 juin 2014. Jean-Luc Schaffhauser y Ă©crivait explicitement Ă Wallerand de Saint Just : « Ce que Marine nous demande Ă©quivaut qu'on signe pour des emplois fictifs... .et c'est le dĂ©putĂ© qui est responsable pĂ©nalement sur ses deniers mĂȘme si le parti qui en est le bĂ©nĂ©ficiaire ». Ce Ă quoi Wallerand de Saint Just a rĂ©pondu moins d'une demi-heure plus tard : « Je crois bien que Marine sait tout cela... ». Ils le savaient aussi lorsque l'enquĂȘte a dĂ©marrĂ©e et qu'ils ont fabriquĂ© des preuves. Lors de son audition, le dĂ©putĂ© europĂ©en Nicolas Bay a reconnu (Ă l'audience du 23 octobre 2024) avoir dĂ©libĂ©rĂ©ment fabriquĂ© en 2018 de fausses revues de presse antidatĂ©es de 2015, comportant la mention mensongĂšre « revue de presse par T.Houssin », dans le but de tromper les magistrats instructeurs sur la rĂ©alitĂ© du travail de son assistant TimothĂ©e Houssin. Ils l'ont fait car le parti Ă©tait endettĂ© Le parti traversait de graves difficultĂ©s financiĂšres. Ses charges de personnel s'Ă©levaient Ă 1,9 million d'euros en 2012 (avec une perte de 2,7 millions sur l'exercice), Ă 2,9 millions d'euros en 2013 (perte de 650 000 euros) et Ă 3,1 millions d'euros en 2014 (perte de 1,1 million d'euros). Ă l'Ă©tĂ© 2014, avec l'Ă©lection de 23 dĂ©putĂ©s au Parlement europĂ©en, les frais d'assistance parlementaire globale reprĂ©sentaient dĂ©sormais une manne de prĂšs de 6,5 millions d'euros par an, soit environ le double de la masse salariale totale du RN Ă cette Ă©poque. Le systĂšme servait directement Ă dĂ©charger le parti de ses propres coĂ»ts de personnel. Fernand Le Rachinel a mĂȘme avouĂ© Ă l'audience âLe FN vivait grĂące Ă ce systĂšme mis en place au Parlement europĂ©en.â Le systĂšme Ă©tait centralisĂ© Le systĂšme n'Ă©tait pas laissĂ© Ă l'initiative individuelle des Ă©lus. La Cour relĂšve l'existence d'une gestion entiĂšrement centralisĂ©e et centralisatrice des enveloppes budgĂ©taires. Le 30 juin 2014, Marine Le Pen a donnĂ© pour instruction stricte aux nouveaux dĂ©putĂ©s Ă©lus de signer une procuration au bĂ©nĂ©fice de Charles Van Houtte (son propre assistant accrĂ©ditĂ©) afin qu'il gĂšre de maniĂšre centralisĂ©e le suivi de leurs enveloppes budgĂ©taires, et d'imposer un tiers-payant unique, le cabinet AMBOISE AUDIT dirigĂ© par son ami Nicolas Crochet. Lors d'une rĂ©union du 4 juin 2014, Marine Le Pen a indiquĂ© aux dĂ©putĂ©s qu'ils n'avaient besoin que d'un seul assistant dĂ©diĂ© Ă leurs tĂąches parlementaires et qu'ils devaient laisser tout le solde restant de leur enveloppe budgĂ©taire Ă la disposition du parti. Enfin les poursuites se fondent sur le droit français, l'article 432-15 du code pĂ©nal français pas sur une interprĂ©tation des rĂšglements administratifs europĂ©ens.
Mensonge n°3 : âIl n'y a pas eu d'emploi fictif, les assistants ont travaillĂ©â Les assistants parlementaires ont travaillĂ©, mais pas pour le parlement europĂ©en. Le problĂšme c'est « la discordance entre les emplois prĂ©tendument (assistant parlementaire) et effectivement exercĂ©s » Dans cette affaire les contrats litigieux âne rĂ©pondaient Ă aucun besoin d'assistance parlementaire du dĂ©putĂ© et Ă©taient dĂ©pourvus d'un objet rĂ©elâ Le 22 juin 2014 Jean-Luc Schaffhauser Ă©crit explicitement Ă Wallerand de Saint Just « Ce que Marine nous demande Ă©quivaut qu'on signe pour des emplois fictifs... .et c'est le dĂ©putĂ© qui est responsable pĂ©nalement sur ses deniers mĂȘme si le parti qui en est le bĂ©nĂ©ficiaire... ». Ce Ă quoi le trĂ©sorier rĂ©pond : « Je crois bien que Marine sait tout cela... ». Par exemple Fernand Le Rachinel, dĂ©putĂ© historique et bailleur de fonds du parti, a reconnu lors de ses auditions que son enveloppe europĂ©enne servait à « caser le staff du groupe » et que « le FRONT NATIONAL vivait grĂące Ă ce systĂšme de rĂ©munĂ©ration via le Parlement europĂ©en ». Il a officiellement admis que ses assistants n'avaient en rĂ©alitĂ© jamais travaillĂ© pour lui. Ou encore Yann Le Pen, rĂ©munĂ©rĂ©e pendant prĂšs de 5 ans (417 000 euros) sur l'enveloppe d'assistant de Bruno Gollnisch, elle exerçait en rĂ©alitĂ© de maniĂšre exclusive un emploi au sein de la « cellule Ă©vĂšnement puis au sein de la dĂ©lĂ©gation gĂ©nĂ©rale aux grandes manifestations du parti ». Ou encore Julien Odoul, il nâa jamais rencontrĂ© MylĂšne Troszczynski, pourtant censĂ©e ĂȘtre sa supĂ©rieure. Un Ă©change de mails avec Philippe Martel rĂ©vĂšle les dessous de son embauche : Philippe Martel : « Ouf, câest OK, montage financier dans une semaine. » Puis : « Tu seras peut-ĂȘtre pris en charge par le Parlement europĂ©en, ce qui est parfaitement neutre. » Julien Odoul rĂ©pond : « Peu importe le portage, je suis vraiment ravi de travailler au cabinet (de Marine Le Pen). Elle ne le regrettera pas. » Donc, peut-on dire qu'il n'a pas travaillĂ© ? Non. Peut-on pour autant nier l'emploi fictif ? Non plus. Dans leur rapport de synthĂšse de 98 pages bouclĂ© en 2021, la conclusion des policiers de lâoffice anticorruption est sans appel : le parti aurait « mis en place un systĂšme organisĂ© frauduleux de dĂ©tournement des fonds europĂ©ens Ă son profit, par le biais dâemplois fictifs dâassistants parlementaires ». Donc si, il y a eu des emplois fictifs.
Mensonge N°4 : La peine d'inĂ©ligibilitĂ© est un vol dĂ©mocratique et n'est prononcĂ©e que pour empĂȘcher Marine Le Pen d'ĂȘtre prĂ©sidente. C'est totalement faux : les peines d'inĂ©ligibilitĂ© en matiĂšre de dĂ©linquance financiĂšre sont tout Ă fait courantes pour tous les partis confondus (cf. le thread ci-joint). Et surtout l'inĂ©ligibilitĂ© est prĂ©vue par la loi, pire le lĂ©gislateur a voulu mĂȘme imposer une peine d'inĂ©ligibilitĂ© pour l'infraction de dĂ©tournement de fonds publics. En cas de culpabilitĂ© pour de tels faits, le juge a l'OBLIGATION lĂ©gale de prononcer une telle peine. Ce n'est pas un choix politique, c'est l'application de la loi "Sapin 2" et de la loi "Confiance dans la vie politique" votĂ©es par les reprĂ©sentants du peuple. Le juge n'a de pouvoir que pour y dĂ©roger - cette peine n'Ă©tant pas automatique mais obligatoire - s'il estime que c'est nĂ©cessaire par une ordonnance spĂ©cialement motivĂ©e. Donc, en rĂ©alitĂ©, le seul "gouvernement des juges" qui existerait serait celui qui dĂ©ciderait de sauver un Ă©lu en mĂ©prisant la volontĂ© du lĂ©gislateur. Le lĂ©gislateur, Ă©manation des Ă©lecteurs, a donc : - Non seulement confiĂ© Ă lâautoritĂ© judiciaire ce pouvoir de dĂ©cision impactant la vie publique pour garantir l'exemplaritĂ© de ceux qui gĂšrent l'argent des citoyens. - Mais a entendu aller plus loin en imposant lâobligation de prononcer lâinĂ©ligibilitĂ©, car la probitĂ© ne peut pas ĂȘtre dĂ©lĂ©guĂ©e aux seuls Ă©lecteurs lors d'un scrutin. Comme l'a dit le tribunal en 1Ăšre instance, l'inĂ©ligibilitĂ© est une "limite prĂ©vue par le lĂ©gislateur au pouvoir d'Ă©lection", et non une immixtion illĂ©gitime. Ce n'est donc pas un "vol dĂ©mocratique". Au contraire, c'est la simple application de la "demande impĂ©rieuse du lĂ©gislateur" Ă lâautoritĂ© judiciaire dâintervenir : Lorsquâelle constate une atteinte Ă la probitĂ©, car la loi pĂ©nale s'applique Ă tous. Revendiquer une immunitĂ© parce qu'on est Ă©lu serait crĂ©er un "privilĂšge" qui violerait le principe constitutionnel d'Ă©galitĂ© devant la loi. Pour garantir, pour lâavenir, le dĂ©roulement Ă©thique et transparent de la vie politique. En prononçant l'inĂ©ligibilitĂ©, le juge ne fait que protĂ©ger "l'ordre public dĂ©mocratique" et restaurer la confiance des citoyens. Le Parquet l'a rappelĂ© : la justice n'est pas "comptable des ambitions Ă©lectorales" des prĂ©venus. LâinĂ©ligibilitĂ© nâest pas un outil de combat politique, câest une mesure de salubritĂ© publique. Lorsqu'un Ă©lu dĂ©tourne des fonds, il ne commet pas seulement une erreur de gestion, il brise le contrat de confiance qui le lie aux citoyens et n'a donc rien Ă faire devant les français, quel que soit le parti concernĂ©. Comme l'indique le tribunal, cette peine vise Ă garantir pour l'avenir un dĂ©roulement « Ă©thique et transparent » de la vie politique. Mais l'inĂ©ligibilitĂ© c'est aussi la fin d'un avantage indu est nĂ©cessaire pour l'Ă©quitĂ© dĂ©mocratique. En utilisant l'argent du Parlement europĂ©en pour financer son propre parti, on s'octroie un avantage injuste par rapport aux autres formations politiques qui, elles, respectent les rĂšgles. Permettre Ă quelqu'un de se prĂ©senter sans avoir purgĂ© cette peine reviendrait Ă valider les bĂ©nĂ©fices d'une fraude. La dĂ©fense a soutenu qu'il fallait « laisser le peuple souverain dĂ©cider d'une hypothĂ©tique sanction dans les urnes » lors des Ă©lections. Les juges ont tranchĂ© fermement : cette prĂ©tention « revient Ă revendiquer un privilĂšge ou une immunitĂ© qui dĂ©coulerait du statut d'Ă©lu ou de candidat, en violation du principe d'Ă©galitĂ© devant la loi ». Cependant, dans sa jurisprudence rĂ©cente, le conseil constitutionnel avait affirmĂ© que : « Le lĂ©gislateur doit assurer une conciliation qui ne soit pas manifestement dĂ©sĂ©quilibrĂ©e entre l'objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l'ordre public et de sincĂ©ritĂ© du scrutin et l'exercice du droit d'Ă©ligibilitĂ© garanti par l'article 3 de la Constitution. » Le Conseil juge Ă©galement que : « Une atteinte portĂ©e Ă l'exercice du droit d'Ă©ligibilitĂ© doit ĂȘtre adaptĂ©e, nĂ©cessaire et proportionnĂ©e au but poursuivi. » C'est donc pour cette raison que Marine Le Pen sera Ă©ligible pour la prĂ©sidentielle. https://x.com/Ilangabet/status...
Mensonge N°5 - Il s'agit d'une justice politique, le RN a Ă©tĂ© traitĂ© diffĂ©remment. C'est totalement faux, le RN a mĂȘme abandonnĂ© cet argument devant la Cour d'appel en reconnaissant la matĂ©rialitĂ© des faits : « Si un dĂ©lit a Ă©tĂ© commis, parce quâen rĂ©alitĂ© tout le monde semble dire quâun dĂ©lit a Ă©tĂ© commis et je veux bien lâentendre. Mais je veux quâon sache quâon avait le sentiment de nâavoir commis aucun dĂ©lit. » Marine Le Pen. Il existait donc bien un « problĂšme » qui mĂ©ritait lâattention de la justice pĂ©nale de notre pays. Le RN a Ă©tĂ© traitĂ© comme n'importe quel justiciable : Le tribunal a Ă©tĂ© saisi au terme dâune information judiciaire â qui est une procĂ©dure contradictoire â durant laquelle se sont succĂ©dĂ©s 4 juges dâinstruction. La saisine porte sur des faits prĂ©cisĂ©ment dĂ©finis et circonstanciĂ©s, sur lesquels ont Ă©tĂ© menĂ©es des investigations approfondies, Ă charge et Ă dĂ©charge. Durant toute cette procĂ©dure qui a durĂ© 9 ans les accusĂ©s ont pu soulever des recours et ils en ont d'ailleurs jouĂ© puisqu'ils en ont dĂ©posĂ© 45 : RequĂȘtes en nullitĂ©, requĂȘte en rĂ©cusation, appels, pourvois en cassation, question prioritaire de constitutionnalitĂ©, questions prĂ©judicielles, saisine du tribunal de lâUnion EuropĂ©enne, saisine de la Cour de Justice de lâUnion EuropĂ©enne... Ils ont tout essayĂ© et a chaque fois devant des juges indĂ©pendants et impartiaux. Tout les pourvois ont Ă©tĂ© rejetĂ©s par la Cour de cassation. Ils ont tous Ă©tĂ© auditionnĂ© parfois plusieurs fois, ils ont tous pu s'expliquer autant qu'ils le souhaitait pendant les 9 ans de procĂ©dure et les deux mois de procĂšs, 26 audiences soit plus de 150 heures de dĂ©bat en premiĂšre instance puis pendant 1 mois de procĂšs en appel. Ils ont pu soulever des recours durant les procĂšs, ils ont resoulevĂ© des QPC dont on avait dĂ©jĂ eu la rĂ©ponse, ils ont resoulevĂ© des questions prĂ©judicielles dont on avait dĂ©jĂ la rĂ©ponse, ils ont resoulevĂ© des requĂȘtes en annulation du fait de la prespription dont on avait dĂ©jĂ la rĂ©ponse... Le droit a la dĂ©fense n'a jamais Ă©tĂ© aussi bien respectĂ©. Alors oui, le RN a Ă©tĂ© traitĂ© diffĂ©remment sur un seul point, et en sa faveur : dans un contexte normal, le procĂšs en appel ne se serait jamais tenu aussi rapidement, et Marine Le Pen serait inĂ©ligible pour l'Ă©lection prĂ©sidentielle quoi qu'il arrive, puisque le procĂšs en appel aurait eu lieu aprĂšs celle-ci. Les juges affirment que ce systĂšme de dĂ©fense (qui consiste Ă nier la compĂ©tence du tribunal et Ă crier au procĂšs politique) « constitue une construction thĂ©orique qui mĂ©prise les rĂšgles du Parlement europĂ©en, les lois de la RĂ©publique et les dĂ©cisions de justice rendues notamment au cours de la prĂ©sente information judiciaire ». Le dĂ©libĂ©rĂ© note que cette posture rĂ©vĂšle de la part des condamnĂ©s « une conception peu dĂ©mocratique de l'exercice politique » ainsi qu'un rapport « trĂšs distendu » avec la manifestation de la vĂ©ritĂ©.
Mensonge n°6 : La justice se mĂȘle de ce qui ne l'a regarde pas, les assistants ont le droit de faire de la politique. Marine Le Pen a tentĂ© de lĂ©gitimer le dĂ©tournement des assistants en invoquant le « cordon sanitaire » imposĂ© au RN Ă Bruxelles. Elle a soutenu que le parti Ă©tant exclu des postes clĂ©s et du travail lĂ©gislatif, le rĂŽle des Ă©lus se rĂ©duisait considĂ©rablement : « Vous nâavez pas la possibilitĂ© de dĂ©poser des amendements [...] Du coup, on fait de la politique. On fait en sorte quâaux prochaines Ă©lections, on arrive tellement nombreux pour obtenir la majoritĂ© » C'est un argument fallacieux, ce qui leur est reprochĂ© ce n'est pas d'avoir fait de la politique sur leur temps personnel, c'est d'avoir dĂ©tournĂ© la finalitĂ© de l'indemnitĂ© pour servir le Front National. L'indemnitĂ© d'assistance parlementaire a une finalitĂ© lĂ©gale stricte : permettre aux dĂ©putĂ©s de s'entourer de collaborateurs pour Ă©tudier des sujets d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral europĂ©en. L'inactivitĂ© lĂ©gislative relative d'un parti ne l'autorise pas Ă piocher dans les caisses de l'Union europĂ©enne pour financer sa croissance nationale. Les juges expliquent que leur rĂŽle « n'est pas de savoir si l'assistant parlementaire a effectuĂ© un travail politique ni a fortiori de connaĂźtre la nature ou le contenu de ce travail ». La mission du tribunal est purement comptable et pĂ©nale : rechercher si lâassistant a travaillĂ© en rĂ©alitĂ© pour le parti alors quâil Ă©tait rĂ©munĂ©rĂ© par le Parlement europĂ©en. Ce qui est sanctionnĂ©, ce n'est pas l'activitĂ© militante de l'assistant, c'est l'identitĂ© de son vĂ©ritable employeur. Le tribunal ajoute que considĂ©rer le contraire reviendrait Ă admettre d'office qu'un dĂ©putĂ© a le droit d'offrir sa dotation publique europĂ©enne Ă sa formation politique nationale et si on va plus loin, que le dĂ©putĂ© peut utiliser les assistants parlementaires pour en faire un cuisinier personnel, un chauffeur privĂ©...
Mensonge n°7 : Les peines requises sont trop lourdes par rapport au Modem. Sur le plan des fonds dĂ©tournĂ©s, lâaffaire du RN est totalement inĂ©dite et incomparable Ă celle du MoDem. Le RN a Ă©tĂ© condamnĂ© pour avoir dĂ©tournĂ© 4 591 332,10 ⏠soit 22 fois plus que le MoDem, qui Ă©tait de 204.000. Les dĂ©tournements du RN concernaient 46 contrats, contre seulement 10 pour le MoDem. Alors que le MoDem a dĂ©tournĂ© des fonds pendant quelques mois, les faits du RN se sont Ă©talĂ©s sur 12 ans. Le MoDem a cessĂ© ses dĂ©tournements de maniĂšre autonome, sans intervention de la justice. Le RN, en revanche, a continuĂ© Ă dĂ©tourner des fonds jusquâĂ ce que le Parlement europĂ©en saisisse lâOffice europĂ©en de lutte antifraude en 2015. Il a fallu attendre que le Parlement procĂšde Ă des contrĂŽles pour que les faits cessent. Les dĂ©tournements du RN sâinscrivent dans un systĂšme centralisĂ©, planifiĂ©, optimisĂ© et maximaliste, qui sâest intensifiĂ© avec le temps et notamment Ă lâoccasion de la 8á” lĂ©gislature. Le MoDem ne prĂ©sentait pas un tel systĂšme organisĂ©, ce qui explique pourquoi François Bayrou nâa pas Ă©tĂ© condamnĂ© : la preuve dâun systĂšme organisĂ© nâayant pas Ă©tĂ© rapportĂ©e, il Ă©tait impossible de retenir sa culpabilitĂ© en tant que complice par instigation. En chiffres, lâaffaire des assistants parlementaires du RN est impressionnante : 146 mois de potentiels dĂ©tournements, 46 contrats visĂ©s, 8 renvois pour recel, 368 faits de complicitĂ© individuelle, et un prĂ©judice de 4,5 millions dâeuros, soit 22 fois plus de fonds visĂ©s que pour le MoDem. LâidĂ©e selon laquelle les peines du RN seraient trop lourdes par rapport au MoDem est donc fausse : lâaffaire du RN est absolument dantesque par son ampleur et ne peut en aucun cas ĂȘtre comparĂ©e Ă celle du MoDem.
Mensonge N°8 : Le Parlement europĂ©en savait et a laissĂ© faire. Pour prouver la prĂ©tendue « complaisance » du Parlement, les avocats de Louis Aliot, Nicolas Bay et Bruno Gollnisch ont soutenu que l'administration Ă©tait informĂ©e des pratiques puisqu'il savait Charles Van Houtte gĂ©rait les enveloppes de 20 dĂ©putĂ©s sans jamais susciter de critiques. Mais c'est fallacieux, le tribunal avait dit âla connaissance par les services du Parlement europĂ©en de lâintervention de ce dernier pour une vingtaine de dĂ©putĂ©s du RN est sans lien aucun avec la conscience que le personnel de ces services aurait pu avoir du fait que certains des assistants parlementaires de ces vingt dĂ©putĂ©s travailleraient en rĂ©alitĂ© pour le parti sous couvert de contrats fictifsâ Mais surtout ce n'est pas le rĂŽle du parlement europĂ©en de contrĂŽler les contrats des eurodĂ©putĂ©s Les juges expliquent que les services administratifs effectuaient un contrĂŽle purement formel et budgĂ©taire, mais qu'ils n'avaient structurellement « aucun moyen de contrĂŽler lâexistence du lien hiĂ©rarchique entre le dĂ©putĂ© et lâassistant parlementaire, pas plus que les modalitĂ©s dâexĂ©cution du contrat de travail » Le Parlement europĂ©en ne dispose pas dâun service dâenquĂȘte et nâa pas pour mission de fliquer les collaborateurs des Ă©lus. Le Directeur gĂ©nĂ©ral du parlement europĂ©en avait expliquĂ© qu'en 2011, l'administration comptait seulement 14 personnes pour gĂ©rer les contrats de 6 000 bĂ©nĂ©ficiaires. En vertu des articles 2 et 6 du RĂšglement intĂ©rieur du Parlement europĂ©en et de lâarticle 2 du statut des dĂ©putĂ©s, l'Ă©lu bĂ©nĂ©ficie d'une parfaite libertĂ© et indĂ©pendance dans l'organisation de son activitĂ©. Le dĂ©putĂ© est « le supĂ©rieur hiĂ©rarchique et unique responsable » des conditions de travail de son assistant. L'administration centrale n'avait donc aucun droit lĂ©gal de s'immiscer dans l'exĂ©cution quotidienne des tĂąches. Et surtout le RN a dissimulĂ© au parlement europĂ©en le dĂ©tournement en mentant sur les fiches de recrutement et quand le parlement europĂ©en demandait des explications, ils mentaient. Par exemple Nicolas Bay, interrogĂ© par les services europĂ©ens qui s'Ă©tonnaient du recrutement de trois assistants aux descriptifs de postes identiques, a cherchĂ© Ă obtenir une « rĂ©ponse-type » auprĂšs de Gorette Varandas, avant de fournir dĂ©libĂ©rĂ©ment au Parlement une rĂ©ponse dont il a lui-mĂȘme reconnu devant le tribunal « quâelle ne correspondait Ă aucune rĂ©alitĂ© ». Le tribunal avait conclut « Il rĂ©sulte de lâensemble de ces Ă©lĂ©ments que, contrairement Ă ce qui est soutenu par la dĂ©fense, aucune complaisance ni nĂ©gligence fautive du Parlement europĂ©en nâa concouru Ă la production du dommage subi par ce dernier dans le cadre du systĂšme de dĂ©tournement de fonds publics mis en place dĂšs 2004 au profit du FRONT NATIONAL devenu RASSEMBLEMENT NATIONAL et poursuivi au moins jusquâau dĂ©but de lâannĂ©e 2016. Il nây a donc pas lieu Ă limitation du droit Ă rĂ©paration du Parlement europĂ©en. »
Mensonge n°9 : Les assistants ont Ă©tĂ© mutualisĂ©s. Alors ça c'est en parti vrai, mais ce n'est pas ce qui est reprochĂ© en FN. Le tribunal avait reconnu que la mutualisation du travail, c'est a dire un mĂȘme assistant n'est rĂ©munĂ©rĂ© que par un seul eurodĂ©putĂ© mais travaille plus plusieurs existe et est lĂ©gale. Il cite d'ailleurs le cas de « vrais » assistants parlementaires basĂ©s Ă Bruxelles qui travaillaient manifestement pour plusieurs dĂ©putĂ©s, comme Catherine Salagnac, Sylvie Goddyn ou encore Charles Van Houtte. Aucun de ces dĂ©putĂ©s ni assistants n'a fait l'objet de poursuite seulement parce qu'il a Ă©tĂ© mutualisĂ©. Le problĂšme c'est que les assistants n'ont pas seulement Ă©tĂ© mutualisĂ© avec les autres eurodĂ©putĂ©s mais que les enveloppes destinĂ©es au recrutement d'assistants parlementaires ont Ă©tĂ© mise a disposition du parti. Le problĂšme c'est que c'est bien « une gestion mutualisĂ©e, centralisĂ©e, et optimisĂ©e des enveloppes des dĂ©putĂ©s, destinĂ©e Ă assurer la consommation intĂ©grale du budget » afin d'allĂ©ger les charges financiĂšres du parti. Le tribunal avais mis en lumiĂšre trois exemples de manipulations de contrats purement budgĂ©taires : En septembre 2008 Bruno Gollnisch met fin au contrat de Guillaume L'Huillier uniquement pour pouvoir recruter et prendre financiĂšrement en charge Yann Le Pen sur son budget europĂ©en. En juillet 2011 Guillaume LâHuillier (alors assistant de Marine Le Pen) est transfĂ©rĂ© brusquement « sur BG » (Bruno Gollnisch). Les courriels internes rĂ©vĂšlent que ce transfert Ă©tait purement budgĂ©taire : il s'agissait de libĂ©rer des fonds sur l'enveloppe de Marine Le Pen pour qu'elle puisse recruter son compagnon de l'Ă©poque, Louis Aliot, Ă mi-temps pour un salaire confortable de 5 000 euros bruts par mois. En mai 2012 : AprĂšs la campagne prĂ©sidentielle, Micheline Bruna (assistante de Bruno Gollnisch) est transfĂ©rĂ©e Ă mi-temps sur l'enveloppe de Marine Le Pen, dans l'unique but de permettre Ă Bruno Gollnisch de rĂ©embaucher Yann Le Pen au 2 mai 2012. Yann Le Pen s'Ă©tait d'ailleurs elle-mĂȘme Ă©tonnĂ©e par courriel en 2012 des « tribulations de (son) contrat » auprĂšs de la secrĂ©taire du tiers-payant, demandant s'il ne serait pas plus simple de lui faire « un contrat front aprĂšs » (un contrat directement payĂ© par le parti), ce qui sera finalement exĂ©cutĂ© au 1er juillet 2014. Le tribunal avait dĂ©truit l'argument de la mutualisation en dĂ©montrant qu'un assistant n'Ă©tait pas affectĂ© auprĂšs d'un dĂ©putĂ© parce que ce dernier en avait besoin pour son mandat, mais parce qu'il restait de l'argent disponible sur son compte europĂ©en. Les ĂȘtres humains et les contrats de travail Ă©taient traitĂ©s comme des variables d'ajustement comptable pour maintenir Ă flot les finances du Rassemblement National. Mais surtout que les contrats bĂ©nĂ©ficiaient au parti, vĂ©ritable employeur des assistants, et non aux eurodĂ©putĂ©s.
Mensonge n°10 : Les juges de la cour d'appel sont politisĂ©s. D'abord les 3 juges sont les meilleurs du pays, sont tous trĂšs expĂ©rimentĂ©s et ont Ă©tĂ© designĂ© pour cette affaire justement pour cela. Ensuite Marine Le Pen n'a rien trouvĂ© Ă leur reprocher avant et pendant le procĂšs. Dans notre systĂšme judiciaire, il existe deux moyens de contester lâimpartialitĂ© dâun juge ou dâun tribunal : dĂ©poser une requĂȘte en rĂ©cusation ou une requĂȘte en suspicion lĂ©gitime. La requĂȘte en rĂ©cusation peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e lorsquâon estime quâil existe « toutes manifestations assez graves pour faire suspecter son impartialitĂ© ». Le juge est alors rĂ©cusĂ© et remplacĂ©. Lorsque la requĂȘte porte sur des Ă©lĂ©ments antĂ©rieurs au procĂšs, elle doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e in limine litis, câest-Ă -dire dĂšs le premier jour. Si Marine le Pen suspectait une appartenance syndicale ou politique dâun juge susceptible dâaffecter son impartialitĂ©, elle aurait pu agir . Marine Le Pen et ses co-prĂ©venus n'ont dĂ©posĂ© aucune requĂȘte en rĂ©cusation fondĂ©e sur des Ă©lĂ©ments antĂ©rieurs au procĂšs. Cela signifie que, sur le plan juridique, il nâont rien eu Ă reprocher aux juges avant et pendant le procĂšs.
C'est la fin de ce thread, je vous remercie de l'avoir lu jusqu'ici. La rĂ©alisation de ces threads demande un important travail de recherche et d'Ă©criture. Je vous invite donc Ă penser Ă liker â€ïž et Ă partager đ l'ensemble des 11 tweets de ce fil. N'hĂ©sitez pas Ă poster ce fil sous les publications des Ă©lus du RN et de leurs alliĂ©s. Je ne peux pas le faire moi-mĂȘme : beaucoup m'ont bloquĂ© đ
Voici les autres threads : Comptes rendus des audiences auxquelles j'ai assisté : https://x.com/Ilangabet/status...
Les peines dâinĂ©ligibilitĂ© https://x.com/Ilangabet/status...
Les autres affaires du RN https://x.com/Ilangabet/status...
Louis Aliot vient d'ĂȘtre CONDAMNĂ pour le recel du dĂ©tournement de 29 967 euros d'argent public. Il Ă©cope d'une peine de 1 an de prison avec sursis
đš ALERTE - La loi « permis de tuer », instaurant une prĂ©somption de lĂ©gitime dĂ©fense pour les forces de lâordre, vient dâĂȘtre adoptĂ©e. Dâen bas, Jean-Marie Le Pen doit ĂȘtre fier de cette AssemblĂ©e nationale. Quelle dĂ©chĂ©ance. On devra se battre pour faire le mĂ©nage en 2027.
Jordan Bardella est BIEN silencieux


